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sábado, 22 de febrero de 2025

Two Mental Systems

According to Daniel Kahneman, Thinking, Fast and Slow ("The Law of Slow Numbers", 2011: 114):

 

"As I described earlier, System 1 is not prone to doubt. It suppresses ambiguity and spontaneously constructs stories that are as coherent as possible. Unless the message is immediately negated, the associations that it evokes will spread as if the message were true. System 2 is capable of doubt, because it can maintain incompatible possibilities at the same time. However, sustaining doubt is harder work than sliding into certainty. The law of small numbers is a manifestation of a general bias that favors certainty over doubt, which will turn up in man y guises in following chapters.

The strong bias toward believing that small samples closely resemble the population from which they are drawn is also part of a larger story: we are prone to exaggerate the consistency and coherence of what we see. The exaggerated faith of researchers in what can be learned from a few observations is closely related to the halo effect, the sense we often get that we know and understand a persona about whom we actually know very little. System 1 runs ahead of the facts in constructing a rich image on the basis of scraps of evidence. A machine for jumping to conclusions will act as if it believed in the law of small numbers. More generally, it will produce a representation of reality that makes too much sense."

 

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martes, 5 de enero de 2016

Retropost #506 (19 de septiembre de 2005): Hoy opino en...




– Das Mystische 2.0 (que ha simplificado drásticamente su diseño) - sobre la percepción y la proyección perceptual. ¿Por qué vemos un pato, o un conejo, en el famoso dibujo ambivalente?

Vaya, qué austero te has vuelto, Enrique (dígase en inglés: austere!)... Sobre la percepción, creo que hay en ella un buen elemento de proyección - vemos, en cierta medida, lo que sabemos que vamos a ver, y le ponemos un concepto o imagen preestablecida a los datos que nos llegan de los sentidos. A veces con calzador.

– Apostillas, sobre la semiótica de la cultura y los significados que emiten los gestos, la ropa, y todos los aspectos de la vida social:

Todo significa... pero no significa en sí mismo, significa algo para alguien. Y ese sentido sólo se vuelve más real cuando el "alguien" encuentra una comunidad que pueda compartir esa interpretación del significado y estar de acuerdo con ella: una verdad privada es una verdad limitada. Bueno, Magda, tú no te quejarás de tu "comunidad interpretativa", ¿eh?

Contra el vicio de significar, la virtud de no interpretar. Ojos que no ven...

– Y mañana opino en el Rincón de Opinión de la Universidad de Zaragoza, que sigue exhibiendo una única y misérrima opinión desde que se creó. Opinaré sobre la manera en que se está llevando la reforma de las titulaciones universitarias. Ya una vez envié una sobre este mismo tema, que se perdió en el ciberespacio o fue censurada. Ahora se supone que está más atendido ese rincón de opinión, por un grupo de administradores/censores. Veremos si funciona. Mañana cuelgo lo que enviaré a ver si se publica.





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viernes, 2 de agosto de 2013

La juste distance avec soi

Un passage de Comment améliorer les œuvres ratées? de Pierre Bayard (Minuit, 2000):

La notion de fantasme permet de ne pas négliger complètement la biographie de l'auteur et ce que nous avons appelé son parcours d'écriture, mais elle a le mérite d'ouvrir largement leur interprétation au domaine de la vie inconsciente, qu'elle promeut au centre de l'expérience esthétique. Elle invite, dans l'analyse des œuvres, à un balancement raisonné entre la mobilité vivante de l'existence et de la continuité immuable des forces de l'inconscient.


*



Ce fantasme inconscient, auquel le créateur n'a la plupart du temps pas lui-même accès, ne va pas s'exprimer directement dans l'œuvre. Il va être, comme le rêve, l'objet d'un processus d'élaboration. Par ce terme Freud désigne le travail qu'accomplit l'appareil psychique pour maîtriser le flux des excitations, dont l'accumulation risque d'être pathogène. Pour ce faire, il établit entre elles des connexions associatives. Dans le même temps où elle crée ces liens, l'élaboration, en reprenant des procédés spécifiques du rêve comme le déplacement ou la condensation, modifie l'apparence du fantasme et le rend méconnaissable.

Ce processus d'élaboration se fera plus ou moins efficacement, mais—on peut le supposer—jamais complètement. En effet, les affects et les représentations liés au fantasme, que le créateur essaie de transcrire dans son œuvre, sont par nature indicibles. Indicibles au sens habituel du terme, qui porte sur l'impuissance du langage à les dire exactement, mais aussi en ce que les mots ne peuvent suffire à absorber leur charge d'angoisse. Le propre de ces affects et de ces représentations, selon la formule de Lacan, ce n'est pas qu'ils s'écrivent pas, c'est qu'ils ne cessent pas de s'écrire, c'est à dire qu'ils sont pris dans le mouvement perpétuel d'une tentative d'expression impossible.

Par ailleurs—et ceci détermine également le caractère inachevé de l'élaboration—, l'intérêt du créateur n'est pas de gommer, de faire disparaître ou de trop atténuer ce qui est cause de jouissance ou de souffrance, mais, tout au contraire, d'en garder en lui des traces vivantes pour les incorporer à son œuvre. Aussi est-il souhaitable pour l'économie de sa création que le travail de l'élaboration ne soit pas mené trop loin contrairement à ce qui peut se passer dans le cadre de la thérapie, et que les éléments du fantasme ne soient pas intégralement transformés, au point de s'éloigner définitivement de la conscience.

Plusieurs cas sont alors possibles, selon la manière dont s'effectue l'élaboration psychique. Il peut d'abord arriver que, faute d'être soumis à un travail suffisante d'élaboration, ces affects et ces représentations acquièrent dans le texte un excès de présence que les mots ne viennent pas tempérer. Ils se laissent percevoir comme des morceaux bruts de jouissance ou de souffrance et s'apparentent même à des sortes d'hallucinations, sur le modèle de la conception lacanienne de l'hallucination, présentée comme un retour dans le réel de ce qui n'a pu être sufisamment symbolisé.

On peut imaginer, à l'inverse, que le travail d'élaboration s'effectue correctement et que le créateur parvienne, dans son univers psychique et littéraire, à faire une place suffisante à ces affects et à ces représentations, en diminuant leur charge de violence. Mais il y a là aussi un risque, celui que cette activité d'aménagement soit si bien conduite que les éléments les plus dynamiques s'en trouvent atténués ou effacés, et que l'œuvre apparaisse comme dévitalisée. Car l'élaboration, en apprenant à vivre avec l'insupportable, offre parfois des voies de conciliation psychique qui tempèrent à l'excès la violence des sentiments et des images.

Nous ferons dès lors l'hypothèse que l'œuvre littéraire "réussie"—et a fortiori le chef-d'œuvre—trouve un équilibre entre deux grands types d'écritures, une écriture de l'hallucination et une écriture de l'isolation. Par écriture de l'hallucination, nous entendons une écriture submergée par un trop-plein d'affects et de représentations, comme possédée par eux. Le sujet y laisse transparaître, avec peu d'aménagements, l'intensité de sa souffrance ou le contenu de ses désirs. Au contraire, une écriture de l'isolation sera marquée par la maîtrise, le contrôle, l'explication. Le sujet a trop bien réussi la transformation littéraire du fantasme et, protégé par sa propre création, ne laisse plus aucun accès mener jusqu'à lui.

Il y aurait donc dans notre hypothèse, au-delà de l'infinie diversité des échecs esthétiques, deux grands types de ratage. Le premier serait dominé par l'excès d'hallucination. Les affects et les représentations liés à l'objet du fantasme ne sont pas suffisamment élaborés; ils envahissent le texte, comme si l'œuvre d'art n'exerçait pas suffisamment sa fonction de médiation et de filtre. Le modèle pourrait en être Fort comme la mort, mais nous comprendrions aussi dans cette catégorie Les Martyrs, les Dialogues [de Rousseau] et Jean Santeuil. Dans le second cas, au contraire, il y a excès d'isolation. Cette fois, les affects et les représentations ont été tellement traités par l'élaboration qu'ils ont quasiment disparu. L'œuvre appparaît comme froide, distanciée. Le modèle pourrait en être L'Amour [de Marguerite Duras], mais nous rattacherions également à cette catégorie Dieu [de Victor Hugo], Héraclius et Le Bonheur fou [de Giono].

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Ces deux grands types d'écriture pourraient servir de point de départ pour une typologie des formes de ratage, qui tenterait de retrouver le jeu de ces deux modes originaires, avec des degrés variables d'intrication ou de désintrication, derrière les grands accidents littéraires. Car on se trouve rarement devant des cas purs, comment le sont probablement les œuvres de Maupassant ou de Duras, mais, le plus souvent, devant des cas médians, où ce double jeu de l'hallucination et de l'isolation ouvre à des destins esthétiques multiples. (...)

*

L'avantage de cette théorie de la distance est de compléter harmonieusement l'approche biographique. Il est compréhensible que les événements de l'existence, dans les résonances qu'ils suscitent avec la vie fantasmatique, modifient dans un sens ou dans l'autre la distance à laquelle l'écrivain se situe par rapport à son monde intérieur et mettent à chaque fois en question le fragile équilibre sur lequel est construite la création artistique.

Dans cette perspective, tous les ratages sont des ratages de la distance, des maladies de la distance. L'auteur qui rate une œuvre n'est pas parvenu à régler avec précision, de manière à susciter une attirance chez son lecteur, la distance qu'il entretient avec son monde intérieur. Ou, si l'on préfère, l'auteur qui réussit un chef-d'œuvre—c'est-à-dire un chef d'œuvre d'équilibre—est miraculeusement parvenu, pour un temps qui n'est pas nécessairement éternel, à établir puis à fixer dans l'écriture la juste distance avec soi.


 
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