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viernes, 3 de enero de 2025

Things Hidden: The Life and Legacy of René Girard

   


Things Hidden: The Life and Legacy of René Girard. 

 

Dir. Sam Sorich. Prod. Sam Sorich and Trevor Cribben Merrill. Glass Darkly Films, 2024. YouTube (Things Hidden: The Life and Legacy of René Girard) 25 Dec. 2024.* (Anthropology, Mimetic desire, Rivalry, Violence, Scapegoats, Sacred, Ritual, Communities, Christianity, Biblical exegesis)

         https://youtu.be/L-vB1HaBsog

         2024

 

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miércoles, 2 de marzo de 2022

El mecanismo del Chivo Expiatorio



sábado, 17 de julio de 2021

The Anxiety of Influence selon René Girard

René Girard no habla de la famosa teoría de Harold Bloom sobre "la angustia de la influencia" (The Anxiety of Influence), pero este pasaje en el que recapitula su teoría sobre la repetición mimética ilumina, creo, las ideas de Bloom sobre la influencia, sobre los predecesores poéticos, y la turbia actitud hacia ellos de los influenciados. Así la resume Bloom en su libro:

It does happen that one poet influences another, or more precisely, that one poet's poems influence the poems of the other, through a generosity of the spirit, even a shared generosity. But our easy idealism is out of place here. Where generosity is involved, the poets influenced are minor or weaker: the more generosity, and the more mutual it is, the poorer the poets involved. And here also, the influencing moves by way of misapprehension, though this tends to be indeliberate and almost unconscious. I arrive at my argument's central principle, which is not more true for its outrageousness, but merely true enough:

Poetic Influence—when it involves two strong, authentic poets,—always proceeds by a misreading of the prior poet, an act of creative correction that is actually and necessarily a misinterpretation. The history of fruitful poetic influence, which is to say the main tradition of Western poetry since the Renaissance, is a history of anxiety and self-saving caricature, of distortion, of perverse, wilful revisionism without which modern poetry as such could not exist. (Harold Bloom, The Anxiety of Influence, 30)

Otros dos breves pasajes significativos:

"Be me but not me" is the paradox of the precursor's implicit charge to the ephebe. Less intensely, his poem says to its descendant poem: "Be like me but unlike me". If there were no ways of subverting this double bind every ephebe would develop into a poetic version of a schizophrenic. As the pragmaticists of human communication, following Gregory Bateson, say, the double bind "must be disobeyed to be obeyed; if it is a definition of self or the other, the person thereby defined is this kind of person only if he is not, and is not if he is." An individual in the double bind situation is published for correct perceptions. "The paradoxical injunction . . . bankrupts choice itself, nothing is possible, and a self-perpetuating oscillating series is set in motion" (see Pragmatics of Human Communication, by Watzlawick, Beavin, and Jackson). (p. 70). 

"The strong poet peers in the mirror of his fallen precursor and beholds neither the precursor nor himself but a Gnostic double, the dark otherness or antithesis that both he and the precursor longed to be, yet feared to become. Out of this deepest evasion, the complex imposture of the positive apophrades constitutes itself, making possible the last phases of Browning, Yeats, Stevens—all of whom triumphed against old age. (The Anxiety of Influence, p. 147).

Y ahora el comentario inconsciente e involuntario, pero muy pertinente, de René Girard:

Répétons donc une fois de plus, en nous excusant, le mécanisme de la répétition mimétique. Le sujet qui ne peut pas décider par lui-même de l'objet qu'il doit désirer, s'appuie sur le désir d'un autre. Et il transforme asymptomatiquement le désir modèle en un désir qui contrecarre le sien. Parce qu'il ne comprend pas le caractère automatique de la rivalité, l'imitateur fait bientôt du fait même d'être contrecarré, repoussé et rejeté, l'excitant majeur de son désir. Sous une forme ou sous une autre, il va incorporer toujours plus de violence à son désir. Reconnaître cette tendance, c'est reconnaître que le désir, à la limite, tend vers la mort, celle de l'autre, du modèle-obstacle, et celle du sujet lui-même.

Ce mouvement du désir mimétique ne se laisse pas seulement repérer chez les malades, chez ceux qui poussent le processus mimétique trop loin pour fonctionner normalement mais aussi, comme le disait Freud, chez les gens dits "normaux". (Des choses cachées depuis la fondation du monde, 570)

Los poetas más normales son algo anormales con respecto al sujeto medio, habría que observar a este respecto. 

La teoría de Girard es una teoría general de la cultura a través de la rivalidad del deseo; es por tanto más amplia que la de Bloom, y puede servir convenientemente para enmarcarla en una teoría antropológica general de la rivalidad y de la configuración mimética de la identidad personal.

 

 

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sábado, 3 de julio de 2021

Exposition dramatique du désir mimétique

Extrait de René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde. With Jean-Michel Oughourlian and Guy Lefort. 1978. Paris: Grasset-Le Livre de Poche, 1991; 452-54.

 

R.G.: Cette technique hypnotique, dont vous parlez, consiste le plus souvent à faire fixer un objet brilliant par le sujet et à lui demander de concentrer son attention sur cet objet.

 

J.-M. O.: Absolument. Ceci me paraît d'ailleurs particulièrement éclairant. En effet, tous les auteurs ont bien vu, et notamment Pierre Janet, que l'hypnose s'accompagnait d'un "rétrécissement du champ de la conscience" et que la suggestion ne pouvait s'exercer que sur un sujet attentif.

                 Nous retrouvons ici des termes comme "fascination" ou "prise du regard" sous la plume de nombreux auteurs. Ceci me paraît très évocateur de l'ascendant qu'exerce le modèle sur le sujet. Toutes les techniques hypnotiques ne font rien d'autre que tenter de reproduire, aussi fidèlement que possible, les conditions de fixation du sujet sur le modèle, conditions qui permettent au désir du sujet de se modeler sur le désir de l'Autre

            C'est bien pourquoi l'hypnose peut aussi bien se pratiquer sur les planches, montrant de façon explicite et experimentale le jeu mimétique à un public auquel le théâtre de Shakespeare, par exemple, propose de voir la mimésis à l'œuvre au travers de situations plus élaborées.

               Tous les paradoxes du sacré se retrouvent du reste dans l'hypnose: si elle peut faire rire au théâtre, comme toute caricature, elle peut également être très dangereuse, lorsqu'elle est maniée par des malfaiteurs, our encore très bénéfique et curative, lorsqu'elle est utilisée en médecine.


R.G.: Ce que vous dites du théâtre, et notamment de Shakespeare, m'intéresse énormément, vous vous en doutez.


J.-M. O.: En effet. Vous montrerez, je pense, sans aucune difficulté, dans le théâtre de Shakespeare, comme dans tous les autres, l'exposition du fonctionnement de la mimésis et de tous les entrechats du désir mimétique.

                Il y a en particulier un phénomène qui apparaît très souvent au théâtre et se rapproche beaucoup de l'hypnose: c'st la passion amoureuse. Celle-ci en effet, au fur et à mesure qu'elle se développe, rétrécit le champ de la conscience et concentre par conséquent sur l'objet du désir toute l'attention du sujet. Le théâtre commence là, précisément, où l'objet apparaît. La fascination, ici, n'est plus fixée sur le modèle, mais sur l'objet du désir. Le triangle apparaît en filigrane, les rivaux peuvent se présenter, le théâtre naît comme expression transfigurée et symbolisée du désir mimétique, au-delà de ses expresions spontanées ou caricaturales que sont la possession et l'hypnose.

                Il faut souligner ces parentés. Il me semble, du reste, que dans certaines cultures, des formes intermédiaires entre théâtre et possession apparaissent, soulignant bien la continuité des phénomènes: un jeune homme est-il amoureux d'une jeune fille que l'on dit aussitôt qu'il est possédé par elle. (Note 99)

                    Dans la passion amoureuse, il faut y insiter, le chap de la conscience se rétrécit à un seul objet et on ne voit plus les autres... A la manière dont l'hypnotisé ne voit plus que l'objet nbrillant présenté par l'hypnotisateur; celui-ci du reste lui dit: "Vous n'entendez  plus à présent que ma voix." Et en effet... le désir mimétique est perte de la relativité, absolutisation du modèle. Et aussi limitation de la liberté.



(...)



Note 99: I.M. Lewis, Ecstatic Religion, 73-75. Michel Leiris, la Possession et ses aspects théâtraux chez les Éthiopiens de Gondar. Il faut lire également le chapitre VIII de Psychologie collective et analyse du moi sur les rapports entre la passion amoureuse et l'hypnose: "Verliebtheit und Hypnose", Gesammelte Werke XIII, 122-128. Les premiers écrits de Freud sur l'hypnose sont réunis dans le volume I de la Standard Edition.

 

 

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lunes, 28 de septiembre de 2020

René Girard sur Antigone

 


 

 René Girard. (...) La lecture non sacrificielle que je propose ne cherche nullement à effacer des Évangiles les passages qui nous présentent la mort du Christ comme dévouement absolu aux disciples et à l'humanité entière: "Il n'est pas de plus grande preuve d'amour que de mourir pour ses amis" (Jn 15, 13). Remarquons une fois de plus que jamais dans les Évangiles cette preuve n'est définie comme sacrifice. Chez Paul, ce sont des expressions comme "œuvre d'amour" ou "œuvre de grâce" qui lui peuvent être considérés comme métaphoriques en raison de l'absence de toute théorie proprement sacrificielle, analogue à celle de l'Épître aux Hébreux ou à toutes les théories subséquentes.

Le recours au jugement de Salomon permet de traiter comme elle mérite de l'être l'objection dérisoire de masochisme machinalement opposée par les courtiers en démystification à la notion chrétienne du dévouement jusqu'à la mort. 

 

Guy Lefort: Dans la littérature tragique, il existe un texte, je pense, qu'on peut rapprocher du jugement de Salomon et un personnage qu'on peut comparer à la "bonne prostituée"; c'est Antigone.

 

René Girard: Notons d'abord qu'au début d'Antigone, on se trouve "comme d'habitude" chez les tragiques et les prophètes, au paroxysme de la violence réciproque. C'est cela, il me semble, que symbolise, ou désymbolise, la mort simultanée d'Etéocle et de Polynice, l'impossibilité de différencier jusque dans la mort. On ne peut jamais dire ou nier quoi que ce soit d'un des deux frères sans qu'il ne faille aussitôt le dire ou le nier de l'autre. Tout le problème de la violence est là. C'est bien pourquoi Créon entend différencier les frères ennemis; mais il est frappant de constater qu'au ébut de son premier discours dans Antigone, il donne une formule analogue à celles qu'on trouve aussi chez Eschyle et chez Euripide et qui dit, justement, l'impossibilité de toute différence: 

Dans leur double destin, les deux frères ont péri en un seul jour, donnant et recevant les coups de leurs bras iniques.

Euripide, lui, termine ainsi dans les Phéniciennes la description du combat: 

... la poussière aux dents, et chacun meurtrier de l'autre, ils gisent côte à côte, et le pouvoir entre eux n'est pas déapartagé.

En bon chef d'État, comme l'Ulysse de l'Odysée et le Caïphe de l'Évangile, Créon voudrait bien mettre fin à la peste des doubles et il sait qu'il ne peut y parvenir qu'en maudissant un des deux frères et en bénissant l'autre, exactement comme le vieil Isaac dans l'histoire tout à fait parallèle de la bénediction de Jacob.

Si Créon exige que les Thébains soient unanimes, dans leur exécration de Polynice, c'est parce qu'il reconnaît que seule l'unanimité peut conférer à la victime émissaire le pouvoir de restructurer la communauté.

 C'est pourquoi Créon ne peut pas tolérer le  comportement d'Antigone. Antigone s'oppose au mensonge mythologique; elle dit que les doubles sont identiques et qu'il faut les traiter l'un et l'autre de la même façon. Elle dit la même chose, en somme, que le Christ et c'est comme lui qu'elle doit mourir, expulsée elle aussi par la communauté.

Simone Weil, avec son intuition admirable, a reconnu dans Antigone la figura Christi la plus parfaite de tout le monde antique. Elle a mis l'accent sur le vers prodigieux que Sophocle met dans la bouche de son héroïne et qui énonce la vérité de la cité des hommes. Ce vers qu'on traduit généralement par: "Je ne suis pas née pour partager la haine mais l'amour" signifie littéralement: "Non pour haïr ensemble mais pour aimer ensemble, je suis née." La cité des hommes n'est un aimer ensemble que parce qu'elle est aussi un haïr ensemble et c'est ce fondement de haine qu'Antigone, comme le Christ, amène au jour pour le répudier.

A Créon qui ne peut que lui répéter la vieille scie de toutes les cultures humaines: "On ne peut quand même pas traiter les amis comme les ennemis" (lui qui avouait un peu plus tôt la non-différence des deux frères). Antigone répond: "Qui sait si les dieux, en dessous de nous [en dessus de nous?] veulent vraiment cela? (cette différence que tu réclames entre les bons et les méchants)." 

Ce vers suggère ce que les Évangiles rendent complèttemnt explicite: si la divinité existe, elle ne peut pas s'intéresser aux querelles des doubles.

Si grand que soit le texte de Sophocle, on ne peut pourtant pas, selon moi, la mettre sur le même plan que le texte du jugement de Salomon. C'est dans le contexte des rites funéraires refusés par Créon à Polynice qu'Antigone élève sa protestation. Ce n'est pas pour un enfant vivant, comme la prostituée du livre des Rois, qu'elle accepte de mourir, c'est pour un être déjà mort; et à cause de cela, le texte d'Antigone échappe plus difficilement que celui des Rois à une définition sacrificielle. Il n'a pas la même puissance de révélation. La différence entre le texte tragique et le texte biblique, c'est au texte évangelique, bien entendu, qu'il faut demander de la ddéfinir. Seul le texte tragique est passible d'une observation qui revèle ici son sens: Il faut laisser les morts enterrer les morts (Mt 8, 22).

Il est regrettable, assurément, que la puissance d'attention de Simone Weil ne se soit jamais orientée vers les grands textes de l'Ancien Testament. Elle en était empêchée par sa fidélité aux pires aberrations du milieu intellectuel dont elle faisait partie. Tous ses maîtres, comme le philosophe Alain, étaient des humanistes hellénisants qui lui ont inculqué à l'égard du texte biblique l'espèce d'horreur sacrée qui caractérise la pensée moderne dans son ensemble, à quelques exceptions près, genéralement discréditées et privées de toute influence.

 

 

 (René Girard et al., Des Choses cachées depuis la fondation du monde (Le Livre de Poche), 348-51).

 

René Girard, La Violence au cœur des sociétés


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domingo, 27 de septiembre de 2020

L'Idole Atomique

Un passage mémorable de René Girard sur la spécificité du moment historique de la mondialisation et la technologie après la 2ème Guerre Mondiale—sur la Bombe de l'Apocalypse, la violence sacrée, et l'ordre présent de la communauté mondiale.

René Girard (et al.), Des choses cachées depuis la fondation du monde (Le Livre de Poche, p. 364-):

 

 

 

Ce que la violence apocalyptique doit d'abour révéler et la seule chose qu'elle puisse révéler directement, c'est la nature purement humaine et la fonction à la fois destructrice et culturelle de la violence.

Pour comprendre que nous vivons déjà cette révélation, il suffit de réfléchir au rapport que nous entretenons tous, en tant que membres de la communauté humaine mondiale à l'armement formidable que s'est donné l'humanité depuis la fin de la seconde guerre mondiale. 

Quand les hommes parlent des moyens nouveaux de destruction, ils disent "la bombe" comme s'il n'y en avait qu'une et qu'elle appartenait à tout le monde et à personne, ou plutôt comme si le monde entier lui appartenait. Et elle apparaît en effet comme la Reine de ce monde. Elle trône au-dessus d'une foule immense de prêtres et de fidèles qui n'existent, semble-t-il, que pour la servir. Les uns enfouissent dans la terre les œufs empoisonnés de l'idole, les autres les déposent au fond des mers, d'autres encore en parsèment les cieux, faisant circuler sans fin les étoiles de la mort au-dessus de l'inlassable fourmilière. Il n'est pas la moindre parcelle d'une nature nettoyée par la science de toutes les antiques projections surnaturelles qui ne soit réinvestie par la vérité de la violence. De cette puissance de destruction, on ne peut pas ignorer, cette fois, qu'elle est purement humaine, mais, sous certains rapports, elle fonctionne de façon analogue au sacré.

Les hommes ont toujours trouvé la paix à l'ombre de leurs idoles, c'est-à-dire de leur propre violence sacralisée, et c'est à l'abri de la violence la plus extrême, aujourd'hui encore, qu'ils cherchent cette paix. Dans un monde toujours plus désacralis´, seule la menace permanente d'une destruction totale et immédiate empêche les hommes de s'entre détruire. C'est toujours la violence, en somme, qui empêche la violence de se déchaîner.

Jamais la violence n'a exercé plus insolemment son double rôle de "poison" et de "remède". Ce ne sonta pas les antiques bourreaux du pharmakos qui le disent, ce ne sont pas des cannibales emplumés, ce son nos spécialistes de la science politique. Seule, à les en croire, et nous pouvons les croire, l'arme nucléaire maintient de nos jours la paix du monde. Les spécialistes nous disent sans ciller que cette violence protège. Ils ont parfaitement raison, mais ils ne se rendent pas compte du son étrange que rendent de pareils propos au milieu d'un discours qui, pour tout le reste, continue à fonctionner comme si les humanismes qui l'inspirent, que ce soit celui de Marx, de Montesquieu, ou d'autres encore, étaient aussi valables que par le passé. Ils démontent les ressorts de la situation avec une maestria si tranquille et si terre à terre, sans jamais cesser de croire à la "bonté naturelle" de l'homme, qu'on se demande si, dans la vision de tous ces experts, c'est le ynisme qui l'emporte ou au contraire l'inconscience et la naiveté.

Quel que soit l'aspect sous lequel on l'envisage, la menace actuelle ressemble aux terreurs sacrées et réclame le même type de précautions. C'est toujours à des formes de "pollution" et de "contamination" qu'on a affaire, scientifiquement repérables et mesurables, mais qui n'en rappellent pas moins leurs contreparties religieuses. Et pour repousser le mal, il n'y a jamais d'autre moyen que le mal lui-même. Tout renoncement pur et simple à la technologies paraît impossible; la machine est si bien agencée qu'il serait plus dangereux de s'arrêter que de continuer à avancer. C'est au cœur même de la terreur qu'il faut chercher les moyens de se rassurer. 

L'infrastructure cachée de toutes les religions et de toutes les cultures est en train de se révéler. C'est le vrai dieu de l'humanité que nous fabriquons de nos propres mains pour bien le contempler, celui qu'aucune religion désormais ne réussira plus à maquiller. Nous ne l'avons pas entendu arriver parce qu'il ne voyage plus sur les ailes palmées des anges des ténèbres, parce qu'il apparaît toujours désormais là où personne ne l'attend, dans les statistiques alignées par les savants, dans les domaines les plus désacralisés.

C'est un sens merveilleuxde l'à-propos qui suggère à leurs inventeurs, pour les armes les plus terribles, les noms qui évoquent le mieux la violence extrême, les divinités les plus atroces de la mythologie grecque: Titan, Poséidon, Saturne, le dieu qui dévore ses propres enfants. Nous qui sacrifions des ressources fabuleuses à engraisser la plus inhumaines des violences, pour qu'elle continue à nous protéger, et qui passons notre temps à transmettre à des planètes déjà mortes les messages dérisoires de la planète qui risque de mourir, par quelle hypocrisie extraordinaire prétendons-nous encore ne pas comprendre tous ces hommes qui, avant nous, faisaient déjà la même chose, ceux qui jetaient par exemple dans la fournaise d'un quelconque Moloch un seul de leurs enfants, deux tout au plus, afin de sauver les autres?

Le rapprochement s'impose, on le voit, entre la paix étrange que nous vivons et celle que faisaient jadis reigner, dans la plupart des sociétés, les religions proprement rituelles. Il faut se garder, pourtant, d'assimiler purement et simplement les deux groupes de pénomènes. Les différences, ici, importent plus encore que les ressemblances.

Si nous disons que les hommes "adorent" leur propre puissance destructive, c'est de façon métaphorique que nous parlons. La métaphore a une valeur révélatrice qui n'a rien d'illusoire. Dire que l'analogie est simplement rhétorique, ou qu'il s'agit, comme on dit aujourd'hui, d'un "effet de vérité", serait ridicule. De cette analogie, il y a une leçon à tirer, et nous ne pourrions pas la tirer si nous cédions au vertige du nihilisme cognitif qui triomphe partout à l'heure actuelle. Et pour cause!

Mais cette leçon n'est pas simple. Ce qui rende nos conduites actuelles analogues aux conduites religieuses, ce n'est pas une terreur vraiment sacrée, c'est une crainte parfaitement lucide des périls qu'un duel nucléaire ferait courir à l'humanité. La paix actuelle repose sur une appréciation froidement scientifique des conséquences uniformément désastreuses, peut-être même fatales, qu'aurait pour tous les adversaires l'utilistation massive des armes accumulées. 

Les conséquences pratiques de cet état de choses sont déjà visibles dans les faits. Les préposés à l'utilisation des armes monstrueuses se gardent soigneusement de recourir à elles. Pour la première fois dans l'histoire des "grandes puissances", on voit des adversaires potentiels sincèrement désireux d'éviter toute action, toute situation susceptible d'entraîner un conflit majeur.


 

Alegorías de la Bomba

 

 

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martes, 24 de diciembre de 2019

Cristo como chivo expiatorio



 

 


Things Hidden: The Life and Legacy of René Girard. Dir. Sam Sorich. Prod. Sam Sorich and Trevor Cribben Merrill. Glass Darkly Films, 2024. YouTube (Things Hidden: The Life and Legacy of René Girard) 25 Dec. 2024.* (Anthropology, Mimetic desire, Rivalry, Violence, Scapegoats, Sacred, Ritual, Communities, Christianity, Biblical exegesis)

         https://youtu.be/L-vB1HaBsog

         2024




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sábado, 20 de julio de 2019

La fallacie platonique


Aprovecho para introducir en la lengua francesa el sustantivo fallacie, que me parece necesita urgentemente, teniendo los adjetivos fallacieux o fallacieuse que se están apoyando en la nada léxica.

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martes, 3 de octubre de 2017

Religión, Re-ligación

Me pasa Antonio Albero esta referencia en Filosofantes, a modo de comentario de este artículo sobre la idea de creencia.

16. La capacidad de religación

La inteligencia espiritual es la raíz de la vida espiritual, pero la espiritualidad no es la religiosidad. La vida espiritual es bísqueda, inquietud, anhelo de sentido, camino hacia lo desconocido, autotrascendencia. En la medida en que el ser humano se interroga por lo eterno, por lo infinito, prepara la religiosidad, pero la religiosidad puede no irrumpir en la vida de una persona.

La religiosidad expresa la capacidad de religarse que tiene el ser humano, de vincularse a un Ser que reconoce como distinto de sí y con el que establece alguna forma de comunicación. Religación es vínculo, comunicación, reconocimiento de la alteridad.

La vida espiritual puede desembocar en la religación, pero no necesariamente. La religiosidad no es la confesionalidad, porque esta última consiste en la libre identificación con un credo religioso e incluye el sentido de pertenencia a una comunidad de fieles y la práctica de determinados rituales. La religiosidad es cultivo del vínculo, pero no incluye esta identificación. Muchas personas se sienten vinculadas, desde lo más íntimo, a un Ser superior, pero no expresan este vínculo en el marco de una confesión.

La espiritualidad no exige, necesariamente, la religación con un Ser superior, tampoco la exculye. Cuando el ser humano se pregunta por el sentido de su existencia, toma distancia del mundo y de sí mismo, puede sentirse sostenido por un Ser que le trasciende. Cuando vive la experiencia de estar sostenido, referido a algo más grande que él, vive la experiencia religiosa.

Tanto en su interior como en el exterior, el ser humano puede hallar indicios de algo que está por encima de él y de todo lo demás, y de lo que él y todo lo demás dependen. La pregunta acerca de ese Ser, la búsqueda del sentido último, pertenece a la esencia del hombre. La espiritualidad es precisamente esta búsqueda, mientras que la religiosidad es el reconocimiento de un Ser superior del que proviene todo cuanto existe. La religiosidad activa la inteligencia emocional, pues tal vinculación altera los estados emocionales. Suscita temor, temblor, pero también paz y serenidad.

[...]

La religiosidad es una experiencia que emana de lo más profundo de la persona. Según Viktor Frankl, no es algo innato, determinado biológicamente. La religiosidad constitutiva del ser humano se canaliza a través de los esquemas religiosos existentes en su contexto social y cutural. Existe en él una predisposición, pero se activa en íntima correlación con el ambiente.

La inteligencia espiritual es ese dispositivo de la mente humana que hace posible la experiencia ética, estética y religiosa en el ser humano. Es la condición de posibilidad de lo que Viktor Frankl denomina las experiencias cumbre de la vida humana."

Francesc Torralba Roselló, Inteligencia espiritual, Plataforma, Barcelona, 2010
Gracias por la referencia. Disiento sin embargo en tanto que creo ("creo") que la ligazón principal de la religión no es con el ser trascendente, sino que es la ligazón entre los sujetos sociales establecida a través del ser trascendente (que en gran medida representa de hecho a los valores sociales o al 'otro' interiorizado), o la ligazón entre los sujetos sociales a través de otros rituales u objetos simbólicos. Dios en este sentido no es tanto el objeto de la religión, sino un símbolo de la misma, y de la comunidad como una serie de valores que trascienden a su presencia inmediata. Y luego, sí, hay personas más sensibles que otras tanto a estos valores comunales como a las diversas dimensiones de su simbolismo, pero ello no afecta a la naturaleza antropológica de esos valores, sólo a la manera en que se viven como constituivos de una estructura de personalidad o proyecto vital. Pero bueno si hay para discutir sobre el tema... !
Son muy interesantes, sobre el uso de símbolos como mediación social, las teorías de René Girard sobre el chivo expiatorio y otros rituales generadores de cohesión social, así como la línea de razonamiento sobre el otro interiorizado que va desde Adam Smith a G. H. Mead.






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miércoles, 29 de junio de 2016

"René Girard , Pierre Bourdieu: des affinités méconnues"





"René Girard-Pierre Bourdieu: Des affinités méconnues." Colloque organisé le 18 juin 2013 à la BnF par Bruno Viard, en partenariat avec l'ARM (Association Recherches Mimétiques) et le CIELAM (Centre interdisciplinaire d'étude des littératures d'Aix-Marseille). Audio. YouTube (Recherchesmimetiques) 30 Aug. 2013.
https://youtu.be/PV4F6Hz4Qs4
2016


"Les sujets sociaux sont des sujets qui désirent être reconnus, mais ils désirent être reconnus en tant que donateurs."

Le premier speaker ramène donc Girard (le désir) et Bourdieu (la reconnaissance) dans un paradigme qui manque: celui du don théorisé par Marcel Mauss.

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