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jueves, 28 de noviembre de 2024

Balada de la Nostalgia Inseparable

 

Siempre esta nostalgia, esta inseparable

nostalgia que todo lo aleja y lo cambia.

Dímelo, tú, árbol.

 

Te miro. Me miras. Y ya no eres el mismo.

Ni es el mismo viento quien te está azotando.

Dímelo, tú, agua.

 

Te bebo. Me bebes. Y no eres la misma.

Ni es la misma tierra la de tu garganta.

Dímelo, tú, tierra.

 

Te tengo. Me tienes. Y no eres la misma.

Ni es el mismo sueño de amor quien te llena.

Dímelo, tú, sueño.

 

Te tomo. Me tomas. Y no eres ya el mismo.

Ni es la misma estrella quien te está durmiendo.

Dímelo, tú, estrella.

 

Te llamo. Me llamas. Y no eres la misma.

Ni es la misma noche clara quien te quema.

Dímelo, tú, noche.


(Rafael Alberti, de  Poemas del destierro y de la espera)

 

  


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miércoles, 25 de enero de 2023

El recuerdo y la desilusión

 


 

À la Recherche du Temps Perdu, Marcel se souvient des années de jeunesse avec sa petite amie Gilberte. Bien que celle-ci fût parfaitement indifférente à son égard, lui, il était si amoureux de Gilberte que tout ramenait à elle, et tout ce qui ramenait à elle était spécial, sacré, orné d'une magie indéfinissable. Ainsi, il était fasciné par le Bois de Boulogne où ils jouaient ensemble, par les choses qu'elle nommait ou les gens à qui elle parlait, par les rues où elle se promenait près de chez elle. Comme dans la chanson de Guy Béart, qui a dû lire Proust ou vivre dans les mêmes quartiers,

À vivre au jour le jour / le moindre des amours / prenait dans ces ruelles / des allures éternelles. 

—le jeune Marcel était fasciné par Swann, le père de Gilberte, et par Mme Swann donc. Vers la fin du Côté de chez Swann le narrateur adulte revisite ces mêmes endroits et éprouve la désillusion des illusions perdues; les lieux sont à peu près les mêmes, mais une certaine lueur spéciale s'est éteinte pour lui comme pour Emily Dickinson, a kind of light.

Mais à la nuit la nuit / c'était bientôt fini. / Voici l'éternité / de Saint-Germain-des-Près.  ("Il n'y a plus d'autrefois")

—et la poésie des jours d'antan est devenue une morne prose lorsque tombe un soir de vent et les derniers passants d'hiver quittent les allées. Voici la fin du premier volume de La Recherche:

Quelle horreur! me disais-je: peut-on trouver ces automobiles élegantes comme étaient les anciens attelages? je suis sans doute déjà trop vieux—mais je ne suis pas fait pour un monde où les femmes s'entravent dans des robes qui ne sont pas même en étoffe. À quoi bon venir sous ces arbres, si rien n'est plus de ce qui s'assemblait sous ces délicats feuillages rougissants, si la vulgarité et la folie ont remplacé ce qu'ils encadraient d'exquis? Quelle horreur! Ma consolation, c'est de penser aux femmes que j'ai connues, aujourd'hui qu'il n'y a plus d'élégance. Mais comment des gens qui contemplent ces horribles créatures sous leurs chapeaux couverts d'une voilière ou d'un potager, pourraient-ils même sentir ce qu'il y avait de charmant à voir Mme Swann coiffée d'une simple capote mauve ou d'un petit chapeau que dépassait une seul fleur d'iris toute droite? Aurais-je même pu leur faire comprendre l'émotion que j'éprouvais par les matins d'hiver à rencontrer Mme Swann à pied, en paletot de loutre, coiffée d'un simple béret que dépassaient deux couteaux de plumes de perdrix, mais autour de la quelle la tiédeur factice de son appartement était évoquée, rien que par le bouquet de violettes qui s'écrasait à son corsage et dont le fleurissement vivant et bleu en face du ciel gris, de l'air glacé, des arbres aux branches nues, avait le même charme de ne prendre la saison et le temps que comme un cadre, et de vivre dans une atmosphère humaine, dans l'atmosphère de cette femme, qu'avaient dans les vases et les jardinières de son salon, près du feu allumé, devant le canapé de soie, les fleurs qui regardaient par la fenêtre close la neige tomber? D'ailleurs il ne m'eût pas suffi que les toilettes fussent les mêmes qu'en ces années-là. À cause de la solidarité qu'ont entre elles les différentes parties d'un souvenir et que notre mémoire maintient équilibrées dans un assemblage où il ne nous est pas permis de rien distraire, ni refuser, j'aurais voulu pouvoir aller finir la journée chez une de ces femmes, devant une tasse de thé, dans un appartement aux murs peints de couleurs sombres, comme étant encore celui de Mme Swann (l'année d'après celle où se termine la première partie de ce récit) et où luiraient les feux orangés, la rouge combustion, la flamme rose et blanche des chrysantèmes dans le crépuscule de novembre pendant des instants pareils à ceux où (comme on le verra plus tard) je n'avais pas su découvrir les plaisirs que je désirais. Mais maintenat, même ne me conduisant à rien, ces instants me semblaient avoir eu en eux-mêmes assez de charme. Je voulais les retrouver tels que je me les rappelais. Hélàs! il n'y avait plus que des appartements Louis XVI tout blancs, émaillés d'hortensias bleus. D'ailleurs, on ne revenait plus à Paris que très tard. Mme Swann m'eût répondu d'un château qu'elle ne rentrerait qu'en février, bien après le temps des chrysantèmes, si je lui avais demandé de reconstituer pour moi les éléments de ce souvenir que je sentais attaché à une année lointaine, à un millésime vers lequel in ne m'était pas permis de remonter, les éléments de ce désir devenu lui-même inaccessible comme le plaisir qu'il avait jadis vainement poursuivi. Et il m'eut failli aussi que ce fussent les mêmes femmes, celles dont la toilette m'intéressait parce que, au temps où je croyais encore, mon imagination les avait individualisées et les avait pouvues d'une légende. Hélas! Dans l'avenue des Acacias—l'allée de Myrtes—j'en revis quelques-unes, vieilles, et qui n'étaient plus que les ombres terribles de ce qu'elles avaient été, errant, cherchant désespérément on ne sait quoi dans les bosquets virgiliens. Elles avaient fui depuis longtemps que j'étais encore à interroger vainement les chemins désertés. Le soleil s'était caché. La nature recommençait à régner sur le Bois d'où s'était envolée l'idée qu'il était le Jardin élyséen de la Femme; au-dessus du moulin factice le vrai ciel était gris; le vent ridait le Grand Lac de petites vaguelettes, comme un lac; de gros oiseaux parcouraient rapidement le Bois, comme un bois, et poussant des cris aigus se posaient l'un après l'autre sur les grands chênes qui sous leur couronne druidique et avec une majesté dodonéenne semblaient proclamer le vide inhumain de la forêt désaffectée, et m'aidaient à mieux comprendre la contradiction que c'est de chercher dans la réalité les tableaux de la mémoire, auxquels manquerait toujours le charme qui leur vient de la mémoire même et de n'être pas perçus par les sens. La réalité que j'avais connue n'existait plus. Il suffisait que Mme Swann n'arrivât pas toute pareille au même moment, pour que l'Avenue fût autre. Les lieux que nous avons connus n'appartiennent pas qu'au monde de l'espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n'étaient qu'une mince tranche au milieu d'impressions contigües qui formaient notre vie d'alors; le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélàs, come les années.



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domingo, 19 de septiembre de 2021

La peur d'oublier les choses importantes

 Philosophie Magazine: L'étrange logique de la mémoire (Mars 2019): 62.

Raphaël Enthoven écrit sur Proust, "Le goût de la madeleine" etc. —

Pourquoi a-t-on peur d'oublier les choses importantes?

L'extrait de Proust, Albertine disparue:

"Je n'avais plus qu'un espoir pour l'avenir—espoir bien plus déchirant qu'une crainte,—c'était d'oublier Albertine. Je savais que je l'oublierais un jour, j'avais bien oublié Gilberte, Mme de Guermantes, j'avais bien oublié ma grand'mère. Et c'est notre plus juste et plus cruel châtiment de l'oubli si total, paisible comme ceux des cimetières, par quoi nous nous sommes détachés deceux que nous n'aimons plus, que nous entrevoyions ce même oubli comme inévitable à l'égard de ceux que nous aimons encore. À vrai dire nous savons qu'il est un etat non douloureux, un état d'indifférence. Mais ne pouvant pensar à la fois à ce que j'étais et à ce que je serais, je pensais avec désespoir à tout ce tégument de caresses, de baisers, de someils amis, dont il faudrait bientPot me laisser dépouiller pour jamais."

Le commentaire de Raphaël Enthoven:

Quand Albertine disparaît, l'immense tristesse du Narrateur est accrue par la perspective qu'un jour ce qui le chagrine ne l'attristera plus. Son deuil s'augmente de la certitude q'un jour, il cessera de souffrir. Car le deuil est une chose, mais le deuil du deuil... l'inévitable oubli qui vient après le chagrin... Nietzsche appelle ça la "nostalgie de l'avenir". La seconde mort des choses qui, malgré nos cicatrices, retombent immanquablement dans la longue série des tragédies oubliées. Ce passage-là est très important parce qu'il donne la raison d'être de la littérature: conjurer l'amnésie des chagrins qu'on a eus. Or un chagrin n'est mortel que si le cœur qui l'éprouve ne parvient pas à l'extraire pour l'enserrer dans les anneaux d'un beau style. 

Il faut savoir qu'on oubliera mais trouver un moyen de maintenir vivant ce qu'on a peur de voir disparaître.

 

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martes, 17 de marzo de 2020

Looking Forward to Nostalgia





Cuando la Universidad de Zaragoza decidió trasladar el servidor donde alojaba las webs de los profesores me hizo un roto considerable (ya no hablo de que me obligase a borrar el blog por no ser únicamente académico).  De los miles de archivos que trasladé, algunos se destrozaron por razones desconocidas por el camino.  Ahora intento reconstruirlos, a razón de uno por día y no más para no volverme loco. Este amago de artículo que proyecté y no llegué a escribir lo he recuperado con la Wayback Machine del Internet Archive.



García Landa, José Ángel. "Looking forward to Nostalgia? Anticipated Retrospection and Presentness in Nabokov's Fiction." Notes for a paper. Online at Net Sight de José Angel García Landa. 2004.*
         2004 DISCONTINUED 2020 Online at Internet Archive.*
         2020
         2020

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jueves, 5 de abril de 2018

Blog de hoy AQUÍ — En la máquina de escribirnos



Este blog se ha trasladado definitivamente a Blogger: http://vanityfea.blogspot.com

Nos despedimos de Blogia aquí y ahora, con un retropost sobre las viejas tecnologías que recordamos con nostalgia. Es también en Blogger donde pueden consultarse los archivos antiguos de este blog—en Blogia ya han dejado de ser accesibles.

Qui m’aime me suive.

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Retropost (2007): EN LA MÁQUINA DE ESCRIBIRNOS

Qué bonita pieza me acabo de leer en el New Yorker, "The Typing Life", de Joan Acocella, una reseña de un libro sobre la máquina de escribir:
The Iron Whim: A Fragmented History of Typewriting (Cornell UP), por Darren Wershler-Henry. Este autor estudia el "discurso" de la mecanografía como algo distinto de la plumigrafía o boligrafía. Según él (en la línea macluhaniana, supongo, aunque se remite más a Derrida, Foucault o Baudrillard), la tecnología transforma la escritura que de ella sale. Aparte de McLuhan o a Walter Ong, me ha recordado al Hugh Kenner de The Mechanical Muse. Vamos, que la tesis de D.W-H. es que los escritores mecanógrafos (Nietzsche o Mark Twain entre los primeros) escribían como si fuese al dictado... de la musa mecánica, será. Henry James dictaba a una mecanógrafa, lo cual lleva a que Acocella se interrogue sobre si la relación entre la complejidad del estilo de James y la nueva tecnología es tan directa como eso... desde luego, la composición oral parece que debería llevar a más simplicidad, a menos que sostengamos que la musa mecánica ya está totalmente interiorizada y que nos afecta por la misma presencia del instrumento.

Describe Acocella muy bien el fílin de la mecanografía, la manera en que la máquina estructura el proceso de trabajo, con su mecánica de carro, metralla de tecleo, salto de línea (¡rrrraaaaas!) y hoja nueva—a ajustarla bien recta—y trae recuerdos a quienes usábamos esa caduca tecnología en tiempos. Aún tenemos alguna máquina de escribir archivada por algún armario.... pero no la volveremos a usar, parece. Yo empecé mi carrera de escritor profesional a mano (claro) y a máquina; en un par de años o tres pasé de la máquina manual a la eléctrica, a la electrónica, y al procesador de texto, el primer Mac que tuve, a mediados de los ochenta (los PCs anteriores los había rechazado por lo feo del texto en la pantalla: blanco sobre negro, o verde sobre negro, puaj...).

Oímos hablar en esta pieza del origen del teclado QWERTY, de los chimpancés que inventan versos de Shakespeare apretando teclas, a una escala de probabilidad que recuerda a la Biblioteca de Babel; de máquinas de escribir tirolesas hechas de madera, de Jack Kerouac drogado y su ataque mecanográfico a un rollo continuo de papel... Según Acocella, todo ha cambiado con el ordenador: a pesar de los parecidos, nuestra relación con el teclado es ahora una caricia, y no una pelea a puñetazos. (Aún recuerdo, en los ochenta, época de transición, los viajes que le arreaba la gente al teclado de los ordenadores, creyendo que estaban ante una Olivetti... y, al revés, la flojera que hace presa de nuestros dedos si intentamos ahora volver a escribir a máquina).

¿Cambia la tecnología nuestra relación con el texto? Por supuesto... pero no sólo directamente y de la manera más visible. La cambia transformando los géneros, convenciones, y el tipo de texto que se hace posible pensar. Es decir, que la cambia desde dentro; la musa mecánica nos transforma la cabeza, el software interno, no sólo el hardware de los hierros o dedos que hacen efectivamente el texto. La limpieza inmaculada de una hoja impresa a ordenador.... de repente éramos todos expertos mecanógrafos profesionales. Qué chapuceros parecen ahora los documentos mecanografiados cuando los encontramos. A cambio, dicen, está la chapuza del contenido, menos cuidado y fácilmente improvisado antes de pasar a la tecnología: véase por ejemplo este blog, o mejor otro cualquiera. Lo que aparece en la pantalla no es ni será nunca una obra, es un work in progress, o un ensayo permanente. Esa fluidez también transforma los géneros, y si los blogs no son muy cuidadosos, a cambio son inmediatos, e interactivos. La máquina de escribir pasa a ser la máquina de escribirnos. Que es donde estamos ahora—los dos, ¿eh? Al menos en teoría.

Y, en todo caso, la relación entre instrumento, escritura, lectura, publicación, recepción y respuesta, es tan inmediata que esto hace cambiar la escritura desde dentro. Aunque nadie nos escriba, nos escribimos a nosotros mismos—como cuando me entretenía yo a los quince años, ante el bloc de notas, practicando escritura automática, y sacando a la consciencia lo que aún estaba sin terminar de pensar.






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domingo, 21 de enero de 2018

Retropost #1969 (21 de enero de 2008): El proceso de las nostalgias


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Estoy leyendo, y disfrutando, la tercera parte de la novela de Javier Marías Tu rostro mañana (3. Veneno y sombra y adiós). Aquí hay un fragmento lúcido, proustiano y despiadado sobre la nostalgia de las personas que perdemos por el camino. Y sobre la distorsión retrospectiva:

Es extraño e incongruente el proceso de las nostalgias, o del echar de menos, tanto si es por ausencia como por abandono o por muerte. Uno cree al principio que no puede vivir sin alguien o alejado de alguien, la pena inicial es tan afilada y constante que se siente como un hundimiento sin límite o como una lanza interminable que avanza, porque cada minuto de privación cuenta y pesa, se hace notar y se nos atraganta, y uno sólo espera que pasen las horas del día a sabiendas de que su pasar no nos llevará a nada nuevo sino a más espera de más espera. Cada mañana abre uno los ojos —si se ha beneficiado del sueño que no permite olvidar del todo, pero que confunde—con el mismo pensamiento que lo oprimió antes de cerrarlos, 'Ella no está y no va a volver', por ejemplo (sea volver a mí o de la muerte), y se dispone no a atravesar la jornada fatigosamente, pues ni siquiera es capaz de mirar tan lejos ni de diferenciarlas, sino los siguientes cinco minutos y luego otros cinco fatigosamente, y así seguirá de cinco en cinco si es que no de uno en uno, enredándose en todos y a lo sumo tratando de distraerse durante dos o tres de su conciencia, o de su parálisis cavilatoria. No será por su voluntad si esto sucede, sino por algún azar bendito: una noticia curiosa en el telediario, el rato de completar o de empezar un crucigrama, la llamada irritante o solícita de alguien a quien no soportamos, la botella que se nos cae al suelo y nos obliga a recoger los añicos para no cortarnos cuando por pereza andamos descalzos, la infame serie de televisión a la que le vemos la gracia —o es simplemente que nos acostumbramos a la primera a ella, de golpe— y a la que nos entregamos con inexplicable consuelo hasta los títulos de crédito concluyentes, deseando que se iniciara al instante otro episodio que nos permitiera aferrarnos a un estúpido hilo de continuidad hallado. Son las rutinas halladas las que nos sostienen, lo que a la vida le sobra, lo tonto inocuo, lo que no entusiasma ni nos pide participación ni esfuerzo, el relleno que despreciamos cuando todo está en orden y nosotros activos y sin tiempo para añorar a nadie, ni siquiera a los que ya se han muerto (aprovechamos esos periodos para sacudírnoslos de nuestras espaldas, de hecho, aunque eso sirva sólo temporalmente, porque los muertos se empeñan en seguir muertos y siempre vuelven más tarde, para hacernos sentir la punzada de su alfiler en el pecho y caer como plomo sobre nuestras almas).

Pasa entonces el tiempo, y a partir de un día difuso volvemos a dormir sin sobresaltos y sin recordar el sueño, y a afeitarnos no ya al azar ni a deshoras sino por la mañana; ninguna botella se rompe ni nos irrita ninguna llamada, prescindimos del culebrón, del crucigrama, de las salvadoras rutinas sobrevenidas que observamos con extrañeza en la despedida porque ya casi ni comprendemos que nos hicieran falta, y hasta de las personas pacientes que nos entretuvieron y nos escucharon durante nuestra temporada de luto, monótona y obsesiva. Alzamos la cabeza y miramos a nuestro alrededor de nuevo, y aunque no haya nada promisorio ni llamativo, ni que sustituya a lo añorado y perdido, empieza a costarnos mantener esa añoranza y nos preguntamos si de verdad perdimos. Aparece una pereza retrospectiva respecto al tiempo en que amábamos o nos desvivíamos o nos exaltábamos o nos angustiábamos, uno se siente incapaz de volver a prestar tanta atención a alguien, de tratar de complacerla y de velar su sueño y de ocultarle lo ocultable o lo que le haría daño, y en la asentada ausencia de alerta halla uno un enorme descanso. 'Fui abandonado', piensa 'por la amante, el amigo o el muerto, tanto da, todos se fueron, el resultado es el mismo, me quedé a lo mío. Acabarán lamentándolo, porque gusta sentirse querido y entristece saberse olvidado y yo ahora los voy olvidando, y el que se muere, más o menos, también sabe lo que le espera. Yo hice cuanto pude, aguanté a pie firme, y aun así se me apartaron'. Cita uno entonces para sus adentros: 'La memoria es un dedo tembloroso'. Y añade luego de su cosecha: 'Y no siempre atina a señalarnos'. Descubrimos que nuestro dedo ya no atina, o que lo logra cada vez menos, y que quienes nos absorbieron la mente noche y día y noche y día, y estaban fijos en ella como un clavo martillado y hundido, se desprenden poco a poco y comienzan a no importarnos; se tornan borrosos, temblorosos ellos mismos, y hasta se puede dudar de su existencia como si fueran una mancha de sangre ya frotada, lavada y limpiada, o de la que sólo queda el cerco, lo que más tarda en quitarse, y ese cerco ya va cediendo.

Pasa entonces más tiempo y llega un día, antes de que desaparezca el rastro, en el que la mera idea de acercarse a ellos nos representa de pronto una carga. Aunque no vivamos contentos y todavía los echemos en falta, aunque aún suframos por su lejanía o su pérdida en alguna ocasión suelta —una noche miramos desde la cama nuestros zapatos solos, dejados al pie de una silla, y nos invade la pesadumbre al acordarnos de los de tacón de ella que solían ponerse a su lado año tras año, subrayando que éramos dos hasta en el sueño, en la ausencia—, resulta que quienes más quisimos, aún queremos, se han convertido en gente de otra época, o perdida por el camino —el nuestro, a cada uno le cuenta el suyo—, en seres casi pretéritos a los que no apetece volver porque ya nos son consabidos, y el hilo de la continuidad se ha roto con ellos. Miramos siempre el pasado con un sentimiento de superioridad soberbio, hacia él y hacia sus contenidos, así sea nuestro presente más bajo o más desdichado o enfermo, y el futuro no nos augure mejoría de ningún tipo. Por brillante y feliz que fuera, lo pasado se nos aparece contaminado de ingenuidad, de ignorancia, en parte de tontería: en ello nunca sabíamos lo que vendría después y ahora sabemos, y en ese sentido sí es inferior, objetiva y efectivamente; por eso lleva consigo siempre un elemento de irremediable tontuna, y nos hace sentir vergüenza por haber permanecido en Babia, por haber creído en su tiempo lo que hoy nos consta que era falso, o quizá no lo era entonces, pero ha dejado también de ser cierto, al no haber resistido o perseverado. El amor que parecía firme, la amistad de la que no dudábamos, el vivo con el que contábamos como vivo eterno porque sin él era inconcebible el mundo o que el mundo fuera aún tal mundo, y no otro sitio. A nuestro muerto más querido no podemos evitar mirarlo un poco de arriba abajo, más al cabo del más tiempo que va haciéndolo más caduco, no sólo con pena sino con lástima, sabedores de que no se ha enterado —oh, fue un iluso— de cuanto sucedió tras su marcha, mientras que nosotros sí estamos al tanto. Asistimos a su entierro y oímos lo que allí se decía, también lo que se murmuraba entre dientes, como si los que hablaban temieran que él aún pudiera escucharlos, y vivmos a sus dañadores presumir de íntimos suyos y fingir que lo lloraban. Él no vio ni oyó nada. Murió en el engaño, como todo el mundo, sin saber nunca lo bastante, y es eso precisamente lo que nos lleva a compadecerlos a todos y a considerarlos pobres hombres y pobres mujeres, pobres niños adultos, pobres diablos.

Tampoco saben ya de nosotros los que dejamos atrás o se fueron de nuestro lado, para nosotros han quedado fijos e inamovibles igual que los muertos, y la sola perspectiva de volver a encontrarlos y tener que contarles y oírles se nos hace muy cuesta arriba, en parte porque nos parece que ni ellos ni nosotros querríamos contar ni oírnos nada. 'Qué pereza', pensamos, 'esa persona no ha asistido a mis días durante demasiado tiempo. Solía saberlo casi todo de mí, o lo principal al menos, y ahora se le ha hecho un hueco que no podría ser colmado, aunque yo le relatara con todo detalle lo habido sin su conocimiento inmediato. Qué pereza tratarse de nuevo, y explicarse, y qué trastorno reconocer al instante las viejas reacciones y los viejos vicios y las viejas zozobras y los viejos tonos, los míos con ella y los suyos conmigo; y hasta los mismos celos mordidos y las mismas pasiones, sólo que acalladas.  Ya nunca podré verla como a alguien nuevo, tampoco como a mi ser cotidiano, me resultará gastada a la vez que ajena. Iré a casa a ver a Luisa, y a los niños, y tras estar largo rato con ellos y empezar a reacostumbrarlos, me sentaré al lado de ella otro rato más corto, quizá antes de salir a cenar a un restaurante, mientras esperamos a la canguro que tarda, en el sofá compartido durante tantos años pero ahora como una visita extraña, de confianza y desconfianza, y no sabremos cómo comportarnos. Habrá pausas y carraspeos, y frases estúpidas e inauditas estando los dos cara a cara, como "Bueno, ¿qué tal te va?" o "Te veo con muy buen aspecto". Y entonces nos daremos cuenta de que no podemos estar juntos sin estarlo de veras, y de que además no lo queremos. No habrá entera naturalidad ni artificialidad completa, no se puede ser superficial con quien conocemos profundamente y desde siempre, tampoco hondo con quien nos ha perdido el rastro y escondido el suyo, y tanto ignora. Y al cabo de media hora, tal vez de una, de dos a lo sumo, a los postres, consideramos que ya está, y lo que será más raro, que con esa vez basta y me sobrarán trece días. Y aunque impensablemente cayéramos el uno en brazos del otro y ella me dijera lo que llevo tanto tiempo deseando oírle, "Ven, ven, estaba tan equivocada antes. Ocupa de nuevo este lugar a mi lado. No he ahuyentado tu fantasma, esta almohada es aún la tuya y no había sabido verte. Ven y abrázame. Ven conmigo. Regresa. Y quédate aquí para siempre"; aunque en vista de eso yo cerrara mi apartamento de Londres y me despidiera de Tupra y de Pérez Nuix, de Mulryan y Rendel y aun de Wheeler, e iniciara la tarea rauda de convertirlos en un largo paréntesis —pero hasta los interminables se cierran y luego puede uno saltárselos—, y regresara a Madrid entonces con ella —y no digo que no lo hiciera si hubiera esa oportunidad, si me la diera—, lo haría sabiendo que lo interrumpido no puede reanudarse, que aquel hueco permanece siempre, quizá agazapado pero constante, y que un antes y un después nunca se sueldan.'

Es curioso, un tanto escheriano, el uso de las comillas. Claro que es muy adecuado en un texto donde el narrador presenta su experiencia posible (o real) como paradigma y ejemplo del trayecto que siguen todas las almas.




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domingo, 5 de noviembre de 2017

Retropost #1850 (5 de noviembre de 2007): C'était bien




Qué bonitos estos dúos imposibles; tienen un encanto especial para los aficionados a la retrospección como yo, sobre todo cuando la canción es nostálgica, y va aún más atrás, como ésta de Le p'tit bal perdu que yo conocía por Juliette Gréco, y que aquí canta Elsa junto con Bourvil, que la cantaba en 1961. Por aquel entonces yo me dedicaba a nacer... y tardé en enterarme que era tout juste après la guerre. El tiempo pasa a velocidad huracanada, y sin embargo, el pasado está siempre cerca. El dúo a distancia, y el contraste entre la guapa y el feo armonizan bien con el tema de la canción.

Le p'tit bal perdu (Paroles: Robert Nyel. Musique: Gaby Verlor)

C'était tout juste après la guerre,
Dans un petit bal qu'avait souffert.
Sur une piste de misère,
Y'en avait deux, à découvert.
Parmi les gravats ils dansaient
Dans ce petit bal qui s'appelait...
Qui s'appelait...
qui s'appelait...
qui s'appelait...

Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d'eux.
Y'avait tant d'insouciance
Dans leurs gestes émus,
Alors quelle importance
Le nom du bal perdu ?
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
c'est qu'ils étaient heureux
Les yeux au fond des yeux.
Et c'était bien...
Et c'était bien...

Ils buvaient dans le même verre,
Toujours sans se quitter des yeux.
Ils faisaient la même prière,
D'être toujours, toujours heureux.
Parmi les gravats ils souriaient
Dans ce petit bal qui s'appelait...
Qui s'appelait...
qui s'appelait...
qui s'appelait...
....
Et puis quand l'accordéoniste
S'est arrêté, ils sont partis.
Le soir tombait dessus la piste,
Sur les gravats et sur ma vie.
Il était redevenu tout triste
Ce petit bal qui s'appelait,
Qui s'appelait...
qui s'appelait...
qui s'appelait...

Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d'eux.
Y'avait tant de lumière,
Avec eux dans la rue,
Alors la belle affaire
Le nom du bal perdu.
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
c'est qu'on était heureux
Les yeux au fond des yeux.
Et c'était bien...
Et c'était bien.




miércoles, 27 de septiembre de 2017

Retropost #1801 (27 de septiembre de 2007): Those Were the Days

¿Cuáles? ¡Pues estos, claro!

Aquí una versión de "Dorogoï dlinayu" con Jean-Jacques Goldmann, Nolwenn Leroy, Bénabar, Liane Foly, Karen Mulder y Julie Zenatti.







 




¿Alguien da más? Sí—¡los Leningrad Cowboys!













Tu viens me visiter  
 


sábado, 18 de marzo de 2017

Retropost #1512 (18 de marzo de 2007): Polar Express


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Es ésta una película de animación espectacular, e ideal para ver en familia (que es lo que hicimos con los críos). Va sobre la crisis de fe, la primera (preparatoria) cuando los niños descubren que no existe Papá Noel, la segunda cuando descubren que no existe el otro señor de barba blanca. Al que nunca se menciona aquí, claro. Un niño escéptico que ya empieza a dudar de la existencia de Papá Noel, viaja hasta el polo en el Polar Express, quizá en sueños, para ver su fe y su ilusión en la vida reforzada con un encuento (soñado, real) con Papá Noel.  Como sucede con la flor de Coleridge, descubre al despertar el regalo que le había dado Papá Noel en el sueño, un cascabel de su trineo. Un cascabel que sólo suena para aquellos que creen en Papá Noel.

Es excelente y virtuosista la animación, ya dándonos la versión en animación digital de los actores reales, ya en complicados juegos de perspectivas, de reflejos, o de sucedáneos de videojuegos y parques de atracciones; logran hacer de cada escena un auténtico espectáculo. Los niños la están viendo otra vez, y se meten dentro completamente (al final, cuando aparece Papá Noel entre una muchedumbre de elfos que impiden que el protagonista pueda verlo bien, Oscar también movía la cabeza de lado a lado ante la pantalla, a la vez que el niño, intentando lograr mejor visibilidad).

La película presenta la Navidad, y por extensión la religión, como una ficción necesaria, una manera de relacionarse con el sentido de la vida y de participar en la vida de la comunidad, cuyo sentido no hay que buscarlo literalmente (aquí contradice hábilmente su propio mensaje), sino a un nivel simbólico y emocional. A la vez, es todo un ejercicio descarado de nostalgia, que busca asentar las certidumbres (políticas, religiosas, emocionales) del adulto en las del niño que fue, y en las de una sociedad hipotéticamente más sana, sólida e integrada (representada por la máquina de vapor o por el Lightning del niño)—todo ello a la vez que se muestra el ejercicio de malabarismo mental que esto supone, un poco como levantarse a uno mismo del suelo tirando de los cordones de los zapatos.

La frase de la película, del revisor Tom Hanks: "Los trenes son maravillosos. Es importante saber a dónde van, pero lo más importante es decidirse a subir a ellos".

El espíritu de la navidad es el de la solidaridad entre generaciones, y el de la conservación de la tradición que liga a la sociedad en rituales comunes de participación y de recuerdo, rituales que tienen una relación especial con la verdad, y con las certidumbres morales. Tienen un lugar especial porque se basan en un nexo entre la propia infancia y la de las generaciones siguientes. En este sentido, es ésta una excelente película sobre la navidad, esa ficción de solidaridad universal tan conveniente. Una película también sobre cómo en materia de religión las cosas ni son, ni dejan de ser, en un sentido simplista; podemos a la vez creer y descreer de Papá Noel, o de Dios, y sin embargo su potencia como símbolo cultural se perpetúa, y la suspensión de la incredulidad o doublethink que fomenta la sociedad ante estos mitos adquiere formas complejas—como por ejemplo esta película, que reflexiona sobre cómo América necesita a Dios—sin atreverse a mencionar siquiera este tema de modo explícito hasta su última palabra, y aun allí por exclusión: el cascabel que le regaló Papá Noel sigue sonando para el protagonista ya mayor, como lo hace "para aquellos que realmente creen".

Polar Express. Dir. Robert Zemeckis. Cast: Tom Hanks, Leslie Harter, Eddie Deezen, Nona M. Gaye, Peter Scolari, Brendan King. USA: Warner Bros., 2004.
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lunes, 8 de agosto de 2016

Retropost #1099 (8 de agosto de 2006): Nos habremos ido


En mNos habremos ido

Publicado en Recuerdos. com. José Ángel García Landa


En medio de la noche, saliendo del river of dreams voy a otros paisajes que sólo se visitan a esas horas: al pasado. Abriendo los ojos a la oscuridad se vuelven a ver cosas que no veíamos desde hace tiempo. Esta noche se me aparece aquella buhardilla con la estufa de leña recién instalada; la carica de mi novia (the girl from the north country) cuando venía a esperarme a la estación de autobuses en Huesca. Tantas tardes juntos, hace veinte años. Y las reuniones con los amigos. Amigos de mi novia, serían, pues hace muchos años que no los veo, tras la separación. Pero aún los echo de menos. También de esto hace veinte años, me acuerdo que entre los juegos de salón para entretener las veladas en pandilla estaba el de componer un par de versos e intentar adivinar de cuál de los presentes eran. Una medianoche a oscuras alrededor de una mesita del salón, recuerdo que aparecieron unos versos tal que así (resultaron ser de María, la amiga de mi novia):

Mañana quedarán los cercos de los vasos en la mesa
Nada se oirá en la casa: nos habremos ido.

Qué plan sobrehumano, qué esfuerzo no se requeriría para volver a reunir a las mismas personas a quien la vida ha separado, alrededor de una misma mesa—ya no digo de la misma mesa—o para volver a encender aquella estufa que a saber cuántos años llevará apagada. Y así, cada momento nos rodean unas personas a las que apenas prestamos atención, pero de las que unos años más tarde no quedarán ni los cercos de sus vasos en la mesa. Y sería inútil intentar volver a reunirnos con ellas; sería como pretender revertir la marcha del tiempo. I wish I wish I wish in vain, que decía Bob Dylan. Nunca sucederá lo que ya sucedió: nos habremos ido, a saber a dónde. Y sólo el río de los sueños, o las noches de insomnio, nos llevarán otra vez, cuando venga el día de mañana, hasta lo que ahora tenemos delante de los ojos, abiertos o cerrados.



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domingo, 10 de julio de 2016

Retropost #1047 (10 de julio de 2006): La Condesa Rusa


Anda por los cines esta película de Merchant Ivory, The White Countess (2005), que sin embargo no pertenece al género heritage film, a no ser por el guión de Kazuo Ishiguro, ya una institución británica. Aquí Ishiguro nos muestra a sus compatriotas, precedidos por un siniestro facilitador, invadiendo China por capítulos. Esta vez le toca a Shanghai, donde entran al final a sangre y fuego las tropas japonesas rompiendo el complicado equilibrio que mantenía la ciudad entre Oriente, Occidente, el Kuomintang y los comunistas.

Entre lo que se llevan por delante está el negocio de un amigo del siniestro facilitador, el protagonista de la película, un antiguo diplomático y hombre de negocios americano, ahora ciego tras un atentado terrorista en el que murió su hija. (El tema terrorista no deja de ser una alusión a la historia que nos rodea velis nolis). Bueno, pues el americano nolis, y había decidido crearse una burbujita de irrealidad y ambivalencia sexual montando un cabaret con toda su fortuna: "La condesa rusa". Y contrata a una auténtica condesa arruinada, antes a dancer for money, que le sugiere a él misterio, tragedia, sufrimiento.

La condesa dispuesta a enamorarse de su jefe, sobre todo si es decente; y él la mantiene a distancia, a ella y a su niña, pues la condesa es viuda, y a sus parientes aristócratas arruinados. Todo esto sin sexo, ni rozarse.  Al final, enamorado de ella, le da dinero que ella necesita para comprar el visado y dejar la ciudad. Lo que no saben ni ella ni él es que sus posh parientes la piensan dejar atrás, por pijerío: se avergüenzan de la vida que ha llevado ella por los bajos fondos, y eso que ella los mantenía.

El ambiente de los exiliados rusos es el que se reconoce de las novelas de Nabokov, o de relatos como "A Russian Beauty". Aquí el final es menos tragedia banal y más comedia banal, pues al final el americano, ya arruinado, pide a la condesa a ver si pueden "ayudarse mutuamente", y ella acepta encantada mientras dejan en un junco a Shanghai siendo ocupado por los japoneses.

El americano había sido un conocido diplomático, ahora desengañado de la política; sólo sueña con aislarse del mundo (un poco personificación de los USA de entreguerra, en ese sentido); pero su burbujilla de perfección, el cabaret, sueño que compartía con su "amigo" japonés, demuestra la inutilidad o al menos lo efímero y frágil de esos proyectos. El "elemento artístico" que da el cabaret quizá pueda leerse como una alegoría de la propia película, que es la tercera Condesa Rusa que encontramos, un anacronismo aristocrático de tiempos mejores, quizá como todos los heritage films, escépticos quizá Merchant-Ivory de sí mismos, y hacen así una película más invadida por el paso militar de la historia. Un tema de leve interés humano (leve al ser el personaje tan deshumanizado) lo da el espía japonés que prepara la invasión pero querría sin embargo vivir con su amigo americano la fantasía de ese espacio fuera de la historia. "The larger frame" puede con ambos, pero es que no había relación, para empezar. Como ámbito de perfección, un cabaret con matones, commedia dell'arte gay y condesas contratadas tiene un techo tal que hasta aquí. Y vaya qué poco había aprendido el americano de la realidad en sus años de Realpolitik, si cree que lo que haga no tiene que ver con las circunstancias de alrededor. Especialmente patético su plan de añadir "tensión política" al pequeño mundo de puertas adentro con una combinación calculada de invitaciones a personajes indeseables de partidos contrarios.

Otro toque de historia significativo da el judío vecino de la condesa ("sucio judío" para sus parientes cuando se descaran con él). Él hace como que no oye los insultos antisemitas: explica que contento con haber logrado escapar de Alemania, se da por satisfecho con hacerse el sordo. (Ismail Merchant, por cierto, a pesar del nombre venía de familia árabe de Bombay; murió durante la producción de la película).

Buena escena por cierto cuando avanzan los japoneses en filas cerradas y bayoneta calada, estilo Acorazado Potemkin, y se tropieza con ellos el ciego buscando a su condesa:

- "Por favor, caballeros. Sólo quiero pasar"
- y el sargento ladra una orden y los soldados se apartan y lo dejan pasar.

Viva Occidente, viva el estilo con estilo, y el individuo, y vivan los sueños de perfección y nostalgia de lo que se perdió de modo imposible o de lo que quizá ni existió. La condesa sí era condesa, no obstante, ahora ya no sabemos si lo es o lo será. Pero las condesas rusas son un tema demasiado manido: hasta en Anastasia versión dibujos animados había escenas de nostalgia zarista parecidas a las de esta película, o mejores casi.

Y la película demasiado lenta, sin argumentos secundarios de sustancia y por tanto un poco obsesiva; derivada de una estructura de cuento o de novella más que de novela. En ese sentido un pelín cargante; y la vida asexuada del patrón del cabaret, bueno, porque nos lo dicen, hay que creérselo. Un poco planos, los personajes, supeditados a su función en el guión (por ej., no sex at all, lo que digo). Una cosa sí está impecable, logradísima, de modo que te teleporta a los años treinta: la ambientación. Nada más por eso vale la pena no perdérsela.




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martes, 5 de abril de 2016

Retropost #812 (15 de marzo de 2016): Nostalgia por el futuro


En una academia de formación profesional me llamaba hace poco la atención un cartel con la cara pensativa de una chica y este mensaje: "¿Recuerdas lo que querías ser de mayor?" Me parece un acierto; no sé si será un éxito publicitario, eso es otra cosa, me refiero un acierto como publicidad poética. En la frase se junta el recuerdo del pasado y las aspiraciones futuras que incluía ese pasado, así como el contraste con el presente en el que esas ilusiones o planes se han estrellado contra la dura. Y, de modo implícito, también contiene el futuro, ya no el futuro del pasado, sino el futuro del presente, todavía abierto, en el que estamos a tiempo de cambiar nuestra vida, y de hacer coincidir el futuro que será con el que debería haber sido y no fue.

Recuerda este anuncio al análisis de la temporalidad de la fantasía según Freud (en "Los poetas y la ensoñación"). Una frustración presente se contrasta con un momento pasado en el que no había frustración, o estaba satisfecha. Y esa satisfacción pasada se proyecta imaginativamente al futuro, normalmente con un desplazamiento simbólico en el que un nuevo objeto se ha sustituido por el objeto que en el pasado nos satisfacía. En "¿Recuerdas lo que querías ser de mayor?" falta quizá el desplazamiento simbólico, o no interesa subrayarlo, pero a cambio se nos proporciona una version más compleja de la temporalidad del deseo. Lo que deseamos no es la satisfacción inmediata, sino poder seguir deseando, no vernos abocados a la muerte del deseo frente al principio de realidad. Deseamos el deseo, es decir, recuperar el futuro del pasado que antes tuvimos, nuestro ser pasado en tanto que proyectado a un futuro deseable. No sólo es más elegante, sino también más modesto; no debería ser mucho pedir... y menos si le añadimos un desplazamiento simbólico al objeto deseado.

Una vez asistí a una conferencia de Linda Hutcheon sobre la nostalgia. Le pregunté al final sobre la posibilidad de una nostalgia del futuro. La idea le pareció interesante (supongo que por lo paradójica), aunque no lo desarrollé más, igual ni yo mismo tenía muy claro en aquel pasado (ay, aquel pasado...) lo que quería decir. Hace un par de años salió por cierto un disco de Constants titulado así, Nostalgia for the Future. La nostalgia, desde luego, es en principio nostalgia de un pasado, "cualquiera tiempo pasado fue mejor" - the nostalgic fallacy. Pero el pasado no es un passé simple. Contiene en sí un presente (el presente que fue), varios pasados (que ya hemos olvidado, pero que entonces estaban muy presentes) y también un futuro: el futuro del pasado, que puede ser hoy para nosotros un futuro pasado, un presente presente (o ausente) y hasta un futuro futuro.nostalgia
Por eso podemos sentir nostalgia por el futuro: por el futuro del pasado, el futuro que una vez íbamos a tener quizá y que ahora sabemos que no tendremos, o no de la misma manera. No todo futuro pasado fue mejor, desde luego; bienvenido sea el fin de la inminente Tercera Guerra Mundial que iba a llegar en 1983, por ejemplo; tampoco echo muy en falta las expediciones interplanetarias de 2001; Hal 9000 lo hace mejor solito, y en cambio tenemos Internet que salió de modo imprevisto, al estar presente en muy pocos futuros pasados.

Pero el mejor futuro pasado, el que más echamos de menos, desde luego, es el futuro que deseábamos. Ese es el auténtico lugar de la nostalgia: no el pasado que fue, sino el futuro que no fue, y que sabemos que no será. Que debería haber sido, all being well.





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jueves, 31 de marzo de 2016

Retropost #795 (5 de marzo de 2006): Barthelme, intent...


Me acabo de releer Sixty Stories, de Donald Barthelme. Al releerlo se aprecia mejor lo que tiene de extraño y también lo que tiene de convencional: da menos miedo, quizá. Bueno, miedo: una cabeza tan rara como la de Barthelme te da miedo precisamente por lo que reconoces de tu propia cabeza en la suya. Desde luego es de los que transforman la realidad sacando a la luz lo que teníamos delante de las narices y no habíamos visto: nos barthelmiza. Algo desagradable para muchos, porque es la suya una cabeza especializada en mirar las cosas con distancia, ironía, y nulo pero muy nulo contacto emocional con ellas. Es pura inteligencia sarcástica, cruel a la hora de exponer clichés. Más bien sugiere que estamos hechos de clichés y frases repetidas; sólo una combinación inesperada y absurda de lo repetido nos muestra la extrañeza de lo cotidiano, además de su rutinaria familiaridad. La metaficción de Barthelme, así, nos presenta extrañas historias para que veamos la extrañeza de lo real (su extrañeza en su modernidad y su vulgaridad). Deshace el relato convencional para que a través de sus ruinas veamos la caverna donde habitamos. Pero como digo sorprende al releerlo ver cómo Barthelme es capaz, desde su perspectiva cínica y desencantada, de escribir literatura comprometida y "clara", como un alegato político demoledor contra la guerra fría (en "Game") o contra la carrera armamentística y tecnológica (en "Report"), o contra el conservadurismo alienante de los Estados Unidos ("A City of Churches"). Y estos son sólo los casos más explícitos o militantes de una visión crítica que puede verse implícita en muchas partes de su obra.

Gus Negative dice que "It would be difficult for anyone not wearing critical blinders to ignore the melancholic, yet ultimately optimistic humanism lying at the core of all Barthelme’s stories". Bueno, pongamos que si están presentes ese optimismo y ese humanismo, es enteramente por exclusión, en negativo. Según otros, "even in his best stories, he was constantly in danger of being engulfed by the cultural dreck—second-hand language, second-hand beliefs, second-hand emotions—he took as his subject so that his work sometimes appeared to be a symptom of cultural malaise rather than a response to it." Como ejemplo de este lado de la obra de Barthelme, cojamos la canción que canta el gran cantante Moonbelly:

Moonbelly sang a new song called "The System Cannot Withstand Close Scrutiny."
The system cannot withstand close scrutiny The system cannot withstand close scrutiny The system cannot withstand close scrutiny The system cannot withstand close scrutiny Etc.

                         ("City Life")
Lo mismo que le pasa al sistema le pasa al yo. Nos informa el narrador de "Daumier" que "The self cannot be escaped, but it can be, with ingenuity and hard work, distracted. There are always openings if you can find them, there is always something to do". El sarcasmo corrosivo y el absurdismo eran las maneras en que Barthelme se enfrentaba al problema: "Not self-slaughter in the crude sense. Rather the construction of surrogates. Think of it as a transplant". Así, muchos relatos de Barthelme son alegorías de la escritura, de su poder transformador, y también de sus miserias, truquillos, y de los refugios provisionales que ofrece. Y los trucos de la escritura son los de la vida, pues organizamos nuestra vida con estructuras narrativas: una ficción bien hecha es la más falsa...

El último cuento de Sixty Stories vuelve a la perspectiva cínica. Pero en el penúltimo, "Bishop", es extraño encontrarse con un autorretrato casi sentimental. Quizá la compasión por sí mismo era lo único que le podía tocar la fibra sensible a Barthelme, y así, casi al final de su obra, nos presenta, con distanciamiento irónico, eso sí, un momento de inocencia y nostalgia. Bishop es un alter ego de Barthelme: escritor famoso, divorciado múltiple, escéptico, enfrentado al absurdo vital. No ama a su amante, bebe demasiado. Envejece, ha perdido las ilusiones. Así termina el cuento:

With his scotch in bed, Bishop summons up an image of felicity: walking in the water, the shallow river, at the edge of the ranch, looking for minnows in the water under the overhanging trees, skipping rocks across the river, intent . . .
Para mí, acaba allí su obra, en esos puntos suspensivos. Intent... no distanciado de sí, o haciéndose autotransplantes, sino concentrado en un objeto de atención que le absorbe, totalmente fuera de sí, inocente de ironía y sin un asomo de autocontemplación. De niño podía hacerlo; ahora sólo puede escribir sobre ello, y sobre cómo ya no está allí, y querría estar en un lugar parecido.





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