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miércoles, 25 de diciembre de 2024

Les manuscrits de Marcel Proust

 Séminaire de l’ITEM : L’écriture et le souci de la langue ·  Les manuscrits de Marcel Proust  Exposé 2 — Bernard Brun (ITEM) et Nathalie Mauriac-Dyer (ITEM), le 30 janvier 2002 à 17H30

miércoles, 18 de diciembre de 2024

Amour Archer

 

Amour archer toutes ses fleches ront
D’un coup sur moy, et ne me reconforte
D’un seul regard celle pour qui je porte
Le cœur aux yeux, les pensers sur le front.
D’un Soleil part la glace qui me fond,
Et m’esbaïs que ma froideur n’est morte
Au raiz d’un oeil, qui d’une flame accorte
Me fait au cœur un ulcere profond.
En tel estat je voy languir ma vie,
Qu’aux plus chetifs ma langueur porte envie,
Tant le mal croist, et le cœur me defaut :
Mais la douleur qui plus trouble mon ame,
O cruauté ! c’est qu’Amour et madame
Sçavent mon mal, et si ne leur en chaut.


Pierre de Ronsard, Les Amours de Cassandre, CXIII


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domingo, 8 de diciembre de 2024

Arthur Rimbaud documentary

  

Oisive jeunesse, 

à tout asservie,

par délicatesse,

j'ai perdu ma vie.



Quoi? L?éternité. Dir. Etienne Faure. Written by Claude Jeancolas. (Films for the Humanities and Sciences). Eivissa Productions, 2005. Online video. ("Arthur Rimbaud documentary") YouTube (Author Documentaries) 24 Jan. 2021.*

https://youtu.be/o9JngynVRS4

         2024

 

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martes, 17 de septiembre de 2024

Michel Onfray - La foudre gouverne le monde : journal hédoniste

   


16.15. Il faut être vraiment abruti pour penser que la terre est plate, et qu'il n'y a pas eu des centaines de milliers de gens tués par les vaccins. Mais, hé, tout philosophe a ses limites, il ne faut pas lui en vouloir TOUT LE TEMPS.

 

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sábado, 20 de abril de 2024

It's Stories Still

 Este artículo que escribí en tiempos remotos sobre la metaficción de Beckett tiene una elogiosa presentación del editor del volumen de la revista en la que apareció:

Hughes, Brian. "Introduction." Revista Alicantina de Estudios Ingleses 5 (1992): 7-13.*

         https://rua.ua.es/dspace/bitstream/10045/5443/1/RAEI_05_01.pdf

         2024

 


El artículo en sí aparece en varios sitios:

_____. "'It's Stories Still': La reflexividad en las narraciones de Samuel Beckett." Revista Alicantina de Estudios Ingleses 5 (1992): 57-82.*

         https://doi.org/10.14198/raei.1992.5.06

         2022

Online in RUA: Repositorio Digital de la Universidad de Alicante

         http://hdl.handle.net/10045/5448

         2010

         Dialnet

         http://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=2792246

         2014

_____. "'It's Stories Still: La reflexividad en las narraciones de Samuel Beckett." iPaper at Academia.edu 29 April 2010.*

         https://www.academia.edu/232268/

         2015

         https://www.academia.edu/78999704/

         2022

_____. "'It's Stories Still': La reflexividad en las narraciones de Samuel Beckett / 'It's Stories Still': Reflexivity in Samuel Beckett's Narrative." SSRN 29 April 2010.*

         http://ssrn.com/abstract=1597752

         2010

English & Commonwealth Literature eJournal 29 April 2010.*

http://www.ssrn.com/link/English-Commonwealth-Lit.html

2012

_____. "'It's Stories Still': La reflexividad en las narraciones de Samuel Beckett." Online PDF at Zaguán 2 April 2011.*

         http://zaguan.unizar.es/record/5723/

         2011

_____. "'It's Stories Still: La reflexividad en las narraciones de Samuel Beckett." ResearchGate 30 July 2012.*

         https://www.researchgate.net/publication/39438801

         2012

_____. "It's Stories Still: La reflexividad en las narraciones de Samuel Beckett." Semantic Scholar.*

         https://www.semanticscholar.org/paper/%22It's-Stories-Still%22%3A-la-reflexividad-en-las-de-Landa/e7354138617e28109acb90540af28f15aacecfba

         2020



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viernes, 28 de abril de 2023

Las viejas rosas del huerto de Ronsard

Françoise Joukovsky, prefacio a Les Amours, de Pierre de Ronsard:


                  

                    Malheureux est qui aime,

Malheureux qui se laisse à l'Amour décevoir,

s'écrie Ronsard dans une heure d'amertume. mais dans le même temps, qui n'était pas sa prime jeunesse:

Vivre sans volupté, c'est vivre sous la terre.

Quand est-il sincère? Toujours, avec toutes, qu'il s'éprenne à jamais de Cassandre, de Marie et de Sinope, ou qu'il prête sa plume à des galants titrés, mais non poètes. La femme? Il ne voit guère son être individuel, il l'écoute encore moins. C'est la passion qu'il veut, malheur et bonheur, alternance brûlante où il s'éveille. Qu'importe alors qu'elles se ressemblent toutes, ces dames des Amours, qu'elles aient même cruauté et même blanc tétin, les belles du Louvre et celles de l'Anjou. Qu'importe aussi qu'il les célèbre avec des mots d'Ovide ou de Pétrarque. Un profil entrevu et quelques souvenirs litteraires le font naître chaque fois pour un nouveau destin. 

L'amour est une surprise. Par la force du regard, pupille acérée de flèches, iris profond comme un poison: 

                            le breuvage amoureux

Qu'à longs traits me versait une œillade...

L'Amour enfant,taquin et aveugle, assiste à la rencontre, et incarne ce hasard malin qui va bouleverser la vie de l'amant. Capricieux, indifférent, il répare la corde de son arc avec les cheveux de Cassandre, ou remplit son carquois des traits lumineux que dardent les yeux d'Hélène. Maître du monde, pourtant, et qui soudain délaisse ces jeux pour se transformer en divinité cosmique. En vain le poète s'efforce de lui échapper.

Contrainte plutôt que joie, cet amour ne rompt pas la solitude. La dame est une Méduse, une Sirène, un rocher. L'altière Cassandre, Marie la paysanne, ingénue et rouée, Hélène l'insensible, qui méprise l'amour, sont toutes des inhumaines au "cœur nonchalant, revêche et rigoureux". Ronsard en effet chante surtout l'amour impossible, le seul possible en littérature. Dotées de dangereux pouvoirs, ces cruelles mêlent la flamme et la glace, l'obscur et la lumière, et entraînent le melheureux poète au-delà des contraires, dans une totale révolution. Il éprouve des impressions d'angoisse et d'étouffement, 

Et ce penser qui me suit et resuit 

Presse mon cœur plus fort qu'une tenaille,

et souffre l'obsession comme une expérience de l'agonie.  Les termes limer, mordre, ronger, évoquent cette lente destruction par soi-même. Pratiquée avec une lucidité que le poète déplore, l'introspection n'exorcise pas sa paine, elle la multiplie. Il est possédé par cet Amour qui parfois fait figure de démon, et qui le plonge dans la folie et la fureur. Dépossédé, à en mourir:

Je deviens fol, je perds toute raison...

                Plus en moi je ne suis.

Le monde aussi se dérobe, lorsque la dame ne lui transmet pas, et le printemps sans elle "est une dure plaie".

La personnalité se défait, et le poète recherche l'autre moi, dont la dame s'est emparée, car "toujours l'amant vit en l'aimée". Sans cesse il la contemple, en quête de lui-même. Mais cette nostalgie de l'unité perdue—variante du mythe de l'Androgyne—se heurte à l'impossible communication entre les êtres. Hélène est si différente de lui, dans sa présence hostile. Il reste partagé, et l'antithèse traduit ces fluctuations entre des pôles contradictoires, désir furieux et goût du néant, et surtout souffrance et jouissance. 

Car ce mal n'est pas sans douceur. Comme Pétrarque, Ronsard savoure le paradoxe du "doux venin", du "feu doux-amer". Les termes se pénètrent, les vers se croisent:

Autant me plaît le plaisir que la peine,

La peine autant comme fait le plaisir.

Les trouvères éprouvaient déjà cette volupté de souffrir, qui est à la fois le bonheur de se plaindre et l'éveil à une vie plus aiguë, grâce au jeu des contraires. 

Plus originale, et propre au tempérament de Ronsard, la projection de sa passion dans une nature voluptueuse est source d'autres plaisirs. La nature est l'image de la dame, et le poète retrouve dans cette possession des joies que la belle lui refuse. L'Anjou se peuple de chimères, et la métaphore est jouissance:

Quand je sens, parmi les prés

Diaprés,

Les fleurs dont la terre est pleine,

Lors je fais croire à mes sens

Que je sens

La douceur de son haleine.

Il arrive que la nature reste insensible à l'émotion humaine: le poète alors va "seul et pensif" dans un monde qui l'ignore, qui préexiste à l'individu, et qui reçoit sans rien donner. Mais le plus souvent elle semble animée de la même impatience sensuelle. La vigne enlace les ormeaux, et l'animal est libre pour d'innocentes amours. Par la vision de la femme, le poète s'unit alors à la nature, géante dont le corps "ressemble une belle prairie". Dans ce paradis naturel retrouvé grâce à l'amour et à ses tourments vit celui que Ronsard aurait pu être, le "pauvre inconnu", heureux aux côtés de Marie. Il la suit dans ce paysage rarement décrit, lignes courbes et féminines, ou chant d'une nature que le poète rend lyrique.

Ronsard est conscient du caractère illusoire de ces joies, mais il l'admet avec humour, parce que la passion est fantasme:

S'abuser en amour n'est pas mauvaise chose.

Il ne les doit qu'à lui-même. Comblé parce que poète. La transposition esthétique est donc nécessaire à la jouissance amoureuse, et la contemplation de la beauté est le thème majeur des Amours, qui s'exprime avec force, comme un ravissement et une extase. Ces évocations sont parfois minutieuses, inépuisables. Ronsard crée longuement ces figures féminines, sans se soucier de leur type individuel. Il voit en elles la beauté qu'aimaient les artistes de son temps, le peintres de Fontainebleau, mais plus encore le modèle idésl, le patron interne auquel il n'a cessé de se référer. Il les farde, comme le faisaient les peintres maniéristes, pose des lèvres coralins sur un teint d'aurore ou de rose. Il les dessine longuse, sœurs des Dianes forestières, et leur sculpte gorge de marbre ou d'ivoire. elles ne sont plus Marie, Astrée ou Sinope, mais l'éternel féminin, souvent magnifié par le mythe. La comparaison avec Vénus éternise cette beauté presque divine, et le visage de Cassandre et d'Hélène remonte à la légende troyenne. Revêtues d'images florales, ces maniérées ont comme les dieux pouvoir sur la nature et suscitent l'éternel renouveau:

Un beau printemps s'engendra de sa face.

Ronsard s'éprend des beautés qu'il a faites. Il leur donne le soleil et la lune, un front comme "un beau ciel éclairci", des astres jumeaux, et malgré quelques inconséquences, blonde chevelure de comète. Elles lui appartiennent. Il les contemple dans des poses abandonnées ou lascives

Un somme languissant la tenait mi-penchée

Dessus le coude droit, fermant sa belle bouche

et il les sait vivantes. L'exubérance vitale anime leurs chevelures liquedes, noyées dans une profusion de volutes, et comme douées d'une vie autonome. Ces "glissantes ondes" sont une masse amorphe que l'esthète rythme à sa guise, resserre ou fait glisser comme un drapé. 

Mais Pygmalion était-il heureux? Un Pygmalion tonsuré, voué par sa condition de clerc au célibat, et aux amours de tête ou de passage? Même s'il dissimule cette semi-frustration sous un platonisme de belle allure?

Certains sonnets des Amours ont un accent authentiquement platonicien. Par la contemplation de la beuté féminine, le poète entrevoit le beau absolu qu'il a jadis connu au royaume des Idées, avant sa propre incarnation. Ce souvenir d'un paradis perdu donne à l'expression du désir une teinte de nostalgie. L'amour devient une initiation, qui élève l'esprit "outre le ciel", et qui révèle le bien suprême, 

L'autre beauté dont la tienne est venue.

Le poète ressent douloureusement le poids du corps, et souhaite le retour à l'asile primitif:

Je veux brûler pour m'envoler aux cieux,

Tout l'imparfait de mon écorce humaine.

Hélène surtout rayonne d'une vertu qui pourrait entraîner son amant dans une aventure spirituelle.

Mysticisme ou mystification? Quelques élans ne font pas un croyant, et le platonisme de Ronsard est épisodique. Même les sonnets où le poète sacrifie à cette mode ont un parfum d'hérésie. Écoutons-le chanter l' "Androgyne lien", le mythe que Platon avait développé dans Le Banquet. L'union des âmes recrée l'unité initiale, sans doute, mais ces joies pures, avoue le poète à Cassandre,

Ne me pourraient ma douleur conforter,

Sans espérer quelque jour de tâter

Ton paradis, où les Amours se logent.

Le toucher,  sens décrié dans la hiérarchie néo-platonicienne, ne lui semble pas à dédaigner, non plus que l'odorat, autre sens dit vulgaire, et qui l'égare dans les flots d'une chevelure parfumée. Écoutons-le encore reprocher à Astrée de n'aimer "qu'en idées", et à Hélène de trahir le physique pour la métaphysique. Les amants ronsardiens ne s'aiment pas en Platon, et le poète regrette de ne pas avoir "mille yeux et mille mains", "pour voir et pour toucher". Montaigne ne dira pas mieux. 

Le matérialisme sensualiste de Ronsard s'exprime sans équivoque. L'esprit ne peut rien que par le corps, le poète le répète à Hélène sur le ton de l'agacement. Il en fait l'expérience à la mort de Marie; malgré les formules chrétiennes dont ces sonnets abondent, Ronsard a peine à suivre l'esprit de la jeune morte au royaume éthéré. Elle lui échappe, et il ne la retrouve, un instant, que par le souvenir de son enveloppe charnelle, lorsqu'il évoque son rire et son regard.

Marie se dérobe dans la mort, les autres dans un refus mêlé de coquetterie. La déception de Ronsard, l'insuffisance du platonisme comme de la transposition esthétique, apparaissent à sa misogynie de plus en plus farouche. Aux femmes, Ronsard reproche tout, leur infidelité foncière, leur vénalité, leur ruse, qui n'est pas incompatible avec la sottise, car elles choisisssent mal leurs amants. Par quelle distraction fatale le créateur a-t-il produit un "si fier animal"? L'histoire est faite des catastrophes que ces créatures ont suscitées. Les plus célèbres, Hélène ou Pénélope, sont aussi les plus dévergondées.

Là s'exprime l'opinion de Ronsard, dans ces réquisitoires, dans ces cris de dépit, non pas dans les nombreux hommages à la suzeraine et à l'idole, ou dans les serments de fidélité. Ronsard soudain se voit dans le rôle de parfait amant, soumis et timide, se juge ridicule, et le déclare tout net à Sinope et à Cassandre. Même Pétrarque, dit-il, n'a pas perdu son temps "au giron d'une vieille maîtresse". Si Ronsard pratique à ses heures le vol, l'échange et l'esclavage des cœurs, il ne prend guère au sérieux ce jeu pétrarquiste, et d'autres poèmes rendent un son bien différent. Il est lui-même lorsqu'il confesse ne pas s'embarrasser d'une "sotte loyauté", ou quand il glisse d'une même inclination vers les trois sœurs Dupin. Et sans doute le lecteur moderne préfère-t-il ces accès de franchise à un pétrarquisme inconditionnel où le poète se guinderait sur de grands sentiments.

C'est l'échec du pur amour, fidèle et platonique, et à l'élan vers l'Idée s'oppose la chute finale, épicurienne, de certaines odes, où la réalité du désir s'exprime crûment. L'échec de la contemplation, même créatrice de figures quasi-divines. Leur ideále beauté ne lui suffit pas:

Qu'est-ce parler d'Amour sans point faire l'amour,

Sinon voir le Soleil sans aimer sa lumière?

Il redoute la solitude physique, le "lit désert"où il est "veuf", et rêve de s'anéantir entre les bras de sa dame. Cette fougue est plus vive dans le premier recueil, les Amours de Cassandre, mais elle ne s'apaise pas dans les poèmes de l'automne. Ronsard se sait "grison", bientôt "fantôme sans os", et avoue la difficulté qu'il éprouve à se hisser jusqu'à la chambre dHélène, au dernier étage du Louvre. Cette imminence du néant rend plus aiguë la conscience du seul absolu, le plaisir, forme pleine et suffisante de l'instant. Certes Ronsard rusait depus longtemps avec la condition humaine, et s'essayait à regagner en intensité ce que la nature lui dénie en durée. Il en avait invité plus d'une a cueillir les roses de la vie, et dans chacun de ces appels se mêlaient le frisson du désir et celui de la mort. Mais dans les Sonnets pour Hélène l'évocation de la "vieille accroupie" ou de sa "chair si moisie" n'est plus littérature. C'est la réalité bientôt quotidienne, et que le poète ne projette même pas dans la lointaine propreté de la mort. Or cette menace attise le désir.

Désirs sur fond d'absence, plus violents d'être déçus par les refus, frustrés par la fuite du temps, trahis par l'amertume que le poète découvre à toute saveur terrestre. Désirs au futur,

Verrai-je point qu'en ses bras enlacé,

Recru d'amour, tout pantois et lassé,

D'un beau trépas entre ses bras je meure?

plus souvent au conditionnel, ombres d'un souhait ou d'un regret.  S'il était un lierre et elle une colonne, s'il eût été Pâris, et elle Hélène: possibles qui dérivent vers l'irréel de la légende. Leur domaine est le songe, car l'onirisme est un des principaux composants de l'érotique ronsardienne, ou un passé que Ronsard refait à sa guise, par exemple, dans un sonnet à Cassandre, un Moyen Age de paladins galants. Le poète sait que tout son réconfort "ne dépend que du songe", parce que sa dame le repousse, et plus radicalement parce que la communion amoureuse n'est qu'une illusion de l'instant. Lucrèce le reconnaissait avec le même pessimisme. De la vision nocturne au fantasme éveillé, où est la limite? Ronsard rêve sa vie amoureuse, de toute la violence de ses sens.

Telle est la fonction du style précieux dans les Amours: évoquerpar le mystère de l'image, par la pointe et le contrepoint, la qualité particulière de cet amour ambigu, un songe que enflamme le corps. A quoi bon, dira-t-on, cet arsenal de flèches et de brandons, cette pharmacopée de filtres et de poisons? Ces emprunts à l'Olympe, et tout ce répertoire de thèmes pétrarquistes, détachés du contexte d'adoration mystique de la dame qui leur donnait un sens chez Pétrarque et même chez Du Bellay? Mais précisément ils n'ont pas la même signification dans les Amours, où ils sont recréés parune ardeur sensuelle. Les métamorphoses révèlent les désirs de l'amant, qui veut être le bouquet dans la main de la dame, l'eau de son bain, ou, nouveau Jupiter, la pluie d'or dans son sein. La référence au mythe n'est pas qu'un ornament, elle est l'expérience d'une autre condition:

Un demi-dieu me ferait son baiser.

Les niaiseries à la mode, notamment le culte d'un objet appartenant à la dame, doivent une couleur toute différente aux désirs refoulés du poète, qui éprouve une volupté brûlante à ce contact par intermédiaire. Les images sont souvent détournées de leur sens initial. Le combat peut être quelque lutte abstraite entre Beauté et Chastété, comme chez Pétrarque, mais c'est aussi le combat amoureux, et la mort est l'extase de l'amant. Sans cesse les conventions du monde pétrarquiste sont bousculées par d'autres exigences. La préciosité lui est nécessaire, pour ne pas appauvrir un amour complexe, mais non pas suffisante, à la différence des pétrarquistes de pure souche. 

Insatisfait, condamné aux chimères ou à l'âcre plaisir d'instants sans lendemain, où est l'aimabler poètye de Cassandre, le Ronsard de la légende, près de sa belle à peine éclose? Attristé du sort des roses, mais sans excès. Oublions l'amertume réelle de cette conception de l'amour. Lui-même nous en donne souvent l'exemple, et les poèmes de l'allégresse sont sans doute les plus beaux des Amours. Le lecteur du XXe siècle peut apprécier l'expression subtile d'un "amour de loin" par les artifices du pétrarquisme: spontanément, il ira aux sonnets transparents, où affleure un instant de bonheur. Il préférera les aubes et les printemps, l'impérissable jouvence:

Ne viendra point le temps que dessous les rameaux,

Au matin où l'Aurore éveille toutes choses,

En un Ciel bien tranquille, au caquet des oiseaux,

Je vous puisse baiser à lèvres demi-closes...

Sauf quelques pages de Rousseau, où trouver dans notre littérature les refuges des Amours de Marie, le plus attachant de ces recueils, leurs coins d'ombre, d'espoir terrestre et de senteur sauvage? ronsard est un témoin de la joie possible, qui ne lui fut que rarement donnée, et que notre âge a à peu près perdue. Poète des reverdies, dont le chant éveille le murmure de l'arbre et de la source, et fait souhaiter de vivre. Il le dit en termes simples, comme s'il transcrivait une expérience directe, et seul un conditionnel nous avertit que la réalité fut différente:

Là sans ambitions de plus grands biens avoir, 

Contenté seulement de t'aimer et te voir,

Je passerais mon âge...

Il revêt de la même clarté le miracle d'une éternelle jeunesse, don de la poésie:

                et tant plus les années

En volant s'enfuiront, et plus votre beauté

Contre l'âge croîtra, vieille en nouveauté.

Songe véridique, puisqu'il suscite un monde nécessaire, où l'amour et le renouveau vous convient à l'existence, et où tout se résout en images et en musique.

Le rêve d'amour est donc un aspect de la métamorphose du réel, que le poète assume pour lui et pour les autres. Ronsard en est conscient, qui dans chacun de ces recueils parle de son pouvoir poétique, parfois de son style et de son évolution littéraire. Les Amours de Marie commencent par une définition de sa nouvelle manière, c'est-à-dire un style tantôt familier et tantôt mignard, "coulant d'un petit bruit". Marie apparaît, sans doute, mais dans le sillage de la Muse. Ces différents visages de femmes n'ont d'individualité que littéraire. Ils correspondent chacun à un genre de poésie, à un climat, que Ronsard dans les éditions ultérieures accentue encore par le jeu des regroupements et des suppressions. L'histoire littéraire nous trompe: Cassandre n'est pas la fille du banquier Salviati, mais l'occasion d'un recueil où le pétrarquisme apparaît sous sa forme la plus lyrique, où la fougue détermine la structure du sonnet, souvent conçu d'un seul élan, et l'expansion de l'image, d'une strophe à l'autre. Maire est née d'un besoin de renouvellement. Il était bon de mener par des voies plus champêtres un public que les difficultés du précédent recueil avaint lassé. Ronsard lut des odelettes et des épigrammes, des chansons à boire, et à aimer, qui fixèrent le destin de l'Angevine. Quant à Hélène, la préciosité quintessenciée était à la mode, les petits billets sur des grandes Idées. Mlle de Surgères en fit les frais, elle fut platonicienne et minaudière, et Ronsard de surcroît le lui reprocha. Toutes, elles furent au service de la poésie, et Ronsard sans vergogne les traite en sujets littéraires:

Quel sujet plus fertil saurai-je mieux choisir

Que le sujet qui fut d'Homère le plaisir, 

Cette toute divine et vertueuse Hélène?

Leur seule rivale, durable et presque conjugale, c'est la Muse.

N'en concluons pas qu'elles ne furent que des prétextes. Chaque fois, le miracle poétique semble avoir confondu la jeune vivante et le halo de mythes dont l'imagination de Ronsard l'entourait. Rêve et réalité, elles sont la vie, recréée par la poésie, de même qu'il est poète et amoureux, au-delà de la banale sincérité.

Qu'a-t-il apporté à la poésie d'amour? Une analyse de la passion et de ses souffrances? Catulle ou Properce ne l'avaient pas attendu. L'aveu sincère de ses hésitations entre le ferme amour et l'inconstance? Marot comme lui allait et venait de l'une à l'autre inspiration, refusant un choix qui l'eût appauvri. La creation d'un paysage affectif, par l'obsession et le symbole? Pétrarque lui en donnait l'exemple. Un jeu formel, une recherche de l'inattendu, de la métaphore étrange ou de l'antithèse choquante? Mais chaque siècle a ses précieux. Non, ce ton unique, ce son de voix propre au chantre des Amours, percevons-le plutôt dans ce rêve que le poète substitue à une réalité défaillante, dans ce bonheur fictif, mais total, élan des sens, musique et poésie. Amours imparfaites d'un être souvent déçu, mais "amours du poète", qui connaît d'autres joies. Malgrè sa vision pessimiste des rapports humains, malgré sa réflexion désabusée—et très moderne—sur les illusions pathologiques de la passion, Ronsard a chanté l'amour parce qu'l est l'acte poétique par excellence.


Françoise Joukovsky


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Ronsard. Les Amours: Amours de Cassandre – Amours de Marie – Sonnets pour Astrée – Sonets pour Hélène – Amours diverses. Texte établi par Albert-Marie Schmidt. Préface et notes de Françoise Joukovsky. (NRF - Poésie Gallimard, 104). Paris: Gallimard-NRF,  1974. 1981.

miércoles, 25 de enero de 2023

El recuerdo y la desilusión

 


 

À la Recherche du Temps Perdu, Marcel se souvient des années de jeunesse avec sa petite amie Gilberte. Bien que celle-ci fût parfaitement indifférente à son égard, lui, il était si amoureux de Gilberte que tout ramenait à elle, et tout ce qui ramenait à elle était spécial, sacré, orné d'une magie indéfinissable. Ainsi, il était fasciné par le Bois de Boulogne où ils jouaient ensemble, par les choses qu'elle nommait ou les gens à qui elle parlait, par les rues où elle se promenait près de chez elle. Comme dans la chanson de Guy Béart, qui a dû lire Proust ou vivre dans les mêmes quartiers,

À vivre au jour le jour / le moindre des amours / prenait dans ces ruelles / des allures éternelles. 

—le jeune Marcel était fasciné par Swann, le père de Gilberte, et par Mme Swann donc. Vers la fin du Côté de chez Swann le narrateur adulte revisite ces mêmes endroits et éprouve la désillusion des illusions perdues; les lieux sont à peu près les mêmes, mais une certaine lueur spéciale s'est éteinte pour lui comme pour Emily Dickinson, a kind of light.

Mais à la nuit la nuit / c'était bientôt fini. / Voici l'éternité / de Saint-Germain-des-Près.  ("Il n'y a plus d'autrefois")

—et la poésie des jours d'antan est devenue une morne prose lorsque tombe un soir de vent et les derniers passants d'hiver quittent les allées. Voici la fin du premier volume de La Recherche:

Quelle horreur! me disais-je: peut-on trouver ces automobiles élegantes comme étaient les anciens attelages? je suis sans doute déjà trop vieux—mais je ne suis pas fait pour un monde où les femmes s'entravent dans des robes qui ne sont pas même en étoffe. À quoi bon venir sous ces arbres, si rien n'est plus de ce qui s'assemblait sous ces délicats feuillages rougissants, si la vulgarité et la folie ont remplacé ce qu'ils encadraient d'exquis? Quelle horreur! Ma consolation, c'est de penser aux femmes que j'ai connues, aujourd'hui qu'il n'y a plus d'élégance. Mais comment des gens qui contemplent ces horribles créatures sous leurs chapeaux couverts d'une voilière ou d'un potager, pourraient-ils même sentir ce qu'il y avait de charmant à voir Mme Swann coiffée d'une simple capote mauve ou d'un petit chapeau que dépassait une seul fleur d'iris toute droite? Aurais-je même pu leur faire comprendre l'émotion que j'éprouvais par les matins d'hiver à rencontrer Mme Swann à pied, en paletot de loutre, coiffée d'un simple béret que dépassaient deux couteaux de plumes de perdrix, mais autour de la quelle la tiédeur factice de son appartement était évoquée, rien que par le bouquet de violettes qui s'écrasait à son corsage et dont le fleurissement vivant et bleu en face du ciel gris, de l'air glacé, des arbres aux branches nues, avait le même charme de ne prendre la saison et le temps que comme un cadre, et de vivre dans une atmosphère humaine, dans l'atmosphère de cette femme, qu'avaient dans les vases et les jardinières de son salon, près du feu allumé, devant le canapé de soie, les fleurs qui regardaient par la fenêtre close la neige tomber? D'ailleurs il ne m'eût pas suffi que les toilettes fussent les mêmes qu'en ces années-là. À cause de la solidarité qu'ont entre elles les différentes parties d'un souvenir et que notre mémoire maintient équilibrées dans un assemblage où il ne nous est pas permis de rien distraire, ni refuser, j'aurais voulu pouvoir aller finir la journée chez une de ces femmes, devant une tasse de thé, dans un appartement aux murs peints de couleurs sombres, comme étant encore celui de Mme Swann (l'année d'après celle où se termine la première partie de ce récit) et où luiraient les feux orangés, la rouge combustion, la flamme rose et blanche des chrysantèmes dans le crépuscule de novembre pendant des instants pareils à ceux où (comme on le verra plus tard) je n'avais pas su découvrir les plaisirs que je désirais. Mais maintenat, même ne me conduisant à rien, ces instants me semblaient avoir eu en eux-mêmes assez de charme. Je voulais les retrouver tels que je me les rappelais. Hélàs! il n'y avait plus que des appartements Louis XVI tout blancs, émaillés d'hortensias bleus. D'ailleurs, on ne revenait plus à Paris que très tard. Mme Swann m'eût répondu d'un château qu'elle ne rentrerait qu'en février, bien après le temps des chrysantèmes, si je lui avais demandé de reconstituer pour moi les éléments de ce souvenir que je sentais attaché à une année lointaine, à un millésime vers lequel in ne m'était pas permis de remonter, les éléments de ce désir devenu lui-même inaccessible comme le plaisir qu'il avait jadis vainement poursuivi. Et il m'eut failli aussi que ce fussent les mêmes femmes, celles dont la toilette m'intéressait parce que, au temps où je croyais encore, mon imagination les avait individualisées et les avait pouvues d'une légende. Hélas! Dans l'avenue des Acacias—l'allée de Myrtes—j'en revis quelques-unes, vieilles, et qui n'étaient plus que les ombres terribles de ce qu'elles avaient été, errant, cherchant désespérément on ne sait quoi dans les bosquets virgiliens. Elles avaient fui depuis longtemps que j'étais encore à interroger vainement les chemins désertés. Le soleil s'était caché. La nature recommençait à régner sur le Bois d'où s'était envolée l'idée qu'il était le Jardin élyséen de la Femme; au-dessus du moulin factice le vrai ciel était gris; le vent ridait le Grand Lac de petites vaguelettes, comme un lac; de gros oiseaux parcouraient rapidement le Bois, comme un bois, et poussant des cris aigus se posaient l'un après l'autre sur les grands chênes qui sous leur couronne druidique et avec une majesté dodonéenne semblaient proclamer le vide inhumain de la forêt désaffectée, et m'aidaient à mieux comprendre la contradiction que c'est de chercher dans la réalité les tableaux de la mémoire, auxquels manquerait toujours le charme qui leur vient de la mémoire même et de n'être pas perçus par les sens. La réalité que j'avais connue n'existait plus. Il suffisait que Mme Swann n'arrivât pas toute pareille au même moment, pour que l'Avenue fût autre. Les lieux que nous avons connus n'appartiennent pas qu'au monde de l'espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n'étaient qu'une mince tranche au milieu d'impressions contigües qui formaient notre vie d'alors; le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélàs, come les années.



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miércoles, 27 de julio de 2022

Amplia comedia, cruel teatro

Creo que fue Horace Walpole el que sentenció que "el mundo es una tragedia para los que sienten, y una comedia para los que piensan." Al parecer, según nos cuenta Carlos García Gual, a Jean de La Fontaine habría que incluirlo entre estos últimos, pues sus fábulas enseñan una filosofía un tanto cínica, escéptica, desengañada e irónica en cuanto a las motivaciones humanas, o, digamos, las de los animales parlantes. El fabulista mismo parece tener pocas motivaciones al margen de esta observación irónica de los demás....

Esa despreocupación respecto a las riquezas, los honores y las obligaciones habituales de la vida fue la más notoria virtud de La Fontaine. En el mundo conflictivo y bestial que representan las fábulas de los animales parlantes, la ambición, la vanidad y el afán de venganza son los motivos constantes de la feroz lucha por la vida. Como en la Francia de su época, como en el mundillo cortesano de París, ésos son los motivos de la lucha por la vida: la ambición, la vanidad, las rivalidades que hacen de la sociedad un cruel teatro de peleas y desdichas, Eso es lo que impulsa a unos y otros en su continua refriega cotidiana y lo que trae consigo tantas desgracias y desastres. El mundo es así, y triunfar en él requiere practicar esos engaños y adecuarse a esas violencias. 

Pero quien, como nuestro fabulista, no tiene afán de medro ni lucro, quien no ambiciona ni está ávido de honores, no tiene por qué sentirse entrampado en ese juego de pasiones y astucias. Puede observar el juego desde su retiro, sin tomar partido ni recibir los golpes de unos y otros. Como se aconseja al final de la fábula de El hombre y la serpiente, una de las más amargas del repertorio, para evitar la cólera de los poderosos, el prudente sabe "hablar de lejos o bien callarse". Y quien observa así el espectáculo de la vida puede incluso divertirse con el espectáculo. "Una amplia comedia de cien actos diversos / y cuya escena es todo el universo."

 

            (Carlos García Gual, "El epicureísmo de La Fontaine y la moral de las fábulas." In García Gual, La luz de los lejanos faros: Una defensa apasionada de las humanidades. Barcelona: Planeta-Ariel, 2017. 206-19; 217).

 

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miércoles, 6 de abril de 2022

Enciclopedizándose (La 'Academia Francesa' de Pierre de La Primaudaye)

Los sistemas de organización de la información se van desarrollando en la primera era de la imprenta, en el Renacimiento, en las obras de consulta impresas, y en los métodos de catalogación bibliotecaria, con ciertos paralelos a la manera en que luego lo hicieron en un nuevo entorno de tratamiento de textos—en la informática y en la textualidad electrónica de finales del siglo XX. (Un retropost de 2011, reseñando el capítulo de Anne Lake Prescott en The Renaissance Computer).

Texto completo:

Enciclopedizándose

(La Academia Francesa de Pierre de La Primaudaye)

https://doi.org/10.17613/d3qf-0e56

Author(s):
José Angel GARCÍA LANDA (see profile)
Date:
2021
Group(s):
Digital Humanists, English Literature, Literary theory
Subject(s):
French literature, Renaissance literature, Information science
Item Type:
Article
Tag(s):
Anne Lake Prescott, encyclopedias, Pierre de la Primaudaye
Permanent URL:
https://doi.org/10.17613/d3qf-0e56
 
 
English abstract: Systems of information organization develop gradually in the first age of print, during the Renaissance, both in printed reference works and in the new modes of library cataloguing. This process has some parallels to the way new ways of organizing information developed in a new medium for text processing—in late 20th c. information science and electronic textuality. (This is a retropost from 2011, reviewing Anne Lake Prescott's chapter in The Renaissance Computer). Keywords: Information, Catalogues, Electronic texts, Print, Media studies, Renaissance, Reference works, Information science,
Notes:
First published in 'Vanity Fea', 2011
 
 

 
 
También aquí:
 
 

_____. "La Academia Francesa de Pierre de La Primaudaye: Enciclopedizándose." In García Landa, Vanity Fea 29 Sept. 2011.* (Anne Lake Prescott).

         http://vanityfea.blogspot.com/2011/09/la-academia-francesa-de-pierre-de-la.html

         2011

_____. "La Academia Francesa de Pierre de La Primaudaye: Enciclopedizándose." Ibercampus (Vanity Fea) 29 Sept. 2021.*

         https://www.ibercampus.es/enciclopedizandose-41521.htm

         2021


_____. "La Academia Francesa de Pierre de La Primaudaye: Enciclopedizándose." Academia 27 Feb. 2022.*

         https://www.academia.edu/72532095

         2022

_____. "Enciclopedizándose (La Academia Francesa de Pierre de La Primaudaye)." ResearchGate 25 March 2022.*

         https://www.researchgate.net/publication/359469205

         2022

_____. "Enciclopedizándose (La Academia Francesa de Pierre de La Primaudaye)." Humanities Commons 6 April 2022.*

         https://hcommons.org/deposits/item/hc:45295/

         https://doi.org/10.17613/d3qf-0e56

         2022

 

_____. "Enciclopedizándose (Growing Encyclopedical)." SSRN 12 April 2022.*

         http://ssrn.com/abstract=4036608

         2022

_____. "Enciclopedizándose (La Academia Francesa de Pierre de la Primaudaye)." In García Landa, Vanity Fea 6 April 2022.*

         https://vanityfea.blogspot.com/2022/04/enciclopedizandose-la-academia-francesa.html

         2022

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viernes, 14 de mayo de 2021

Ronsard - Amours de Cassandre (CXXXI)

   A toi chaque an j'ordonne un sacrifice,

Fidèle coin, où tremblant et peureux

Je découvris le travail langoureux

Que j'endurai, Dame, en votre service.

   Un coin meilleur, plus sûr et plus propice

A déclarer un tourment amoureux,

N'est point en Cypre, ou dans les plus heureux

Vergers de Gnide, Amathonte, ou d'Eryce.

   Eussé-je l'or d'un Prince ambitieux,

Coin, tu serais un temple précieux

Enrichi d'or et de dépense grande,

   Où les amants par un vœu solennel

Joutant, luttant autour de ton autel,

S'immoleraient eux-mêmes pour offrande.

 

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lunes, 19 de abril de 2021

El mapa y el territorio: Espectáculo de autor

En una cultura mediática en la que la literatura es espectáculo, los best-sellers son espectáculo de primera, y sus autores se vuelven parte del espectáculo. En este contexto era de esperar que surjan usos experimentales de la figura del autor, o curiosidades si se quiere, como el caso de Michel Houellebecq, que, ficcionalizado en parte, es uno de los principales personajes de su novela La Carte et le territoire (2010).

Texto completo:

El mapa y el territorio: Espectáculo de autor 

https://ssrn.com/abstract=3772201

Ibercampus (Jan. 18, 2011)

8 Pages Posted: 14 Mar 2021

José Angel García Landa

Universidad de Zaragoza

Date Written: January 18, 2011

Abstract

Spanish Abstract:

English Abstract: 

The Map and the Territory: Auteur Spectacle

In a media-intensive culture in which literature becomes a spectacle, best-sellers are prime-time spectacle, and their authors become part of the spectacle. In this context it is to be expected that experimental uses of the author-figure will appear, as is the case of Michel Houellebecq, partly fictionalized as one of the main characters of his novel La Carte et le territoire (2010).

Note: Downloadable document is in Spanish.

Garcia Landa, Jose Angel, "El mapa y el territorio: Espectáculo de autor (The Map and the Territory: Auteur Spectacle)" (January 18, 2011). Ibercampus (Jan. 18, 2011), Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=3772201

 


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Cultural Anthropology eJournals
                        
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 También aquí:

_____. "El mapa y el territorio." In García Landa, Vanity Fea 17 Jan. 2011.* (Rev. of Michel Houellebecq's La Carte et le territoire).

         http://vanityfea.blogspot.com/2011/01/el-mapa-y-el-territorio.html

         2011

_____. "El mapa y el territorio." Ibercampus (Vanity Fea) 18 Jan. 2011.*

         http://www.ibercampus.es/articulos.asp?idarticulo=14517

         2013 DISCONTINUED – Online at Scholar Internet Archive - Fatcat.*

https://web.archive.org/web/20210601195705/https://hcommons.org/deposits/objects/hc:38880/datastreams/CONTENT/content?download=true

         2026

         https://scholar.archive.org/fatcat/release/dsvgyfbrr5e6lle4izbvtxsici

         2026

_____. "El mapa y el territorio: Espectáculo de autor." Academia 14 Feb. 2021.*

         https://www.academia.edu/45118374/

         2021

_____. "El mapa y el territorio: Espectáculo de autor." SSRN 14 March 2021.*

         https://papers.ssrn.com/abstract=3772201

         2021

         Cultural Anthropology eJournal 14 March 2021.*

         https://www.ssrn.com/link/Cultural-Anthropology.html

         2021

         Literary Theory eJournal 14 March 2021.*

         https://www.ssrn.com/link/English-Lit-Theory-Criticism.html

         2021

         Film, Media & TV Studies eJournal 14 March 2021.
        
https://www.ssrn.com/link/Film-Media-TV-Studies.html

         2021

_____. El Mapa y el Territorio: Espectáculo de autor." ResearchGate 6 May 2021.*

         https://www.researchgate.net/publication/351358018

         2021

_____. "El Mapa y el Territorio: Espectáculo de autor." In García Landa, Vanity Fea 19 April 2021.*

         https://vanityfea.blogspot.com/2021/04/el-mapa-y-el-territorio-espectaculo-de.html

         2021

_____. "El Mapa y el Territorio: Espectáculo de autor." Humanities Commons 22 May 2021.*

         https://hcommons.org/deposits/item/hc:38879/

         2021

_____. "El Mapa y el Territorio: Espectáculo de autor."  Net Sight de José Angel García Landa 4 Jan. 2023.*

         https://personal.unizar.es/garciala/publicaciones/elmapayel.pdf

         2024


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